Le centre de vaccination de la Place Sports Experts, à Laval, a accueilli dimanche près de 300 personnes avec des caractéristiques particulières. L’établissement du Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) de Laval y avait ainsi installé un parcours adapté aux adultes avec une déficience intellectuelle, physique ou un trouble du spectre de l’autisme.

Coralie Laplante La Presse

Des personnes comme Marie-Josée Cadieux, 49 ans, ancienne athlète des Jeux olympiques spéciaux en natation qui présente une déficience intellectuelle et physique.

Dès son entrée dans le bâtiment, Mme Cadieux a été accueillie par une éducatrice spécialisée, qui évalue les besoins de chaque patient. Puis, on l’a conduite directement au comptoir d’inscription, où l’on a pris en note ses informations. On lui a aussi donné un rendez-vous pour sa deuxième dose.

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Marie-Josée Cadieux (à droite), au moment de recevoir son vaccin contre la COVID-19

Marie-Josée Cadieux s’est par la suite déplacée à une deuxième table, en compagnie d’une employée du CISSS, pour effectuer son évaluation médicale. La dame était volubile, et discutait allègrement avec l’employé au sarrau blanc qui répondait à ses questions. « C’est très bien ! », s’est-elle exclamée quand on lui a demandé de qualifier l’organisation de l’endroit.

Du cas par cas

« L’idée, c’était d’adapter la journée pour les besoins de la clientèle », explique Caroline Saumure, coordonnatrice au Centre de réadaptation en déficience intellectuelle et en trouble envahissant du développement du CISSS. Elle affirme qu’« il n’y a pas deux personnes qui ont les mêmes limitations ».

Ainsi, une personne autiste qui craint les grands espaces, comme l’entrée du centre de vaccination, aurait pu être conduite immédiatement dans un cubicule où l’ensemble des étapes d’enregistrement auraient été effectuées.

L’hypersensibilité est une caractéristique fréquente chez les personnes autistes. Ces petites pièces permettent donc de réduire les stimuli. Les étapes de l’enregistrement et de l’évaluation auraient également pu être jumelées pour une personne qui a de la difficulté à se déplacer, par exemple.

Après les étapes administratives, Mme Cadieux s’est dirigée dans un cubicule, où une vaccinatrice a procédé à l’injection. « Je n’ai rien senti ! », a lancé la femme en sortant.

Marie-Josée Cadieux s’est présentée seule au centre de vaccination. Cependant, bon nombre de personnes ayant des besoins particuliers viennent accompagnées.

Dans le cubicule face à celui de Mme Cadieux, Vassiliki Makri enlaçait son fils, George Stathopoulos, pendant qu’il recevait son vaccin contre la COVID-19. Elle a également pu être vaccinée en accompagnant son garçon qui présente un syndrome particulier tout au long du processus.

En sortant de la petite pièce, le jeune homme affichait un sourire sous son masque, et a levé son pouce en l’air en direction du photographe de La Presse. « Je suis un homme fort », a répondu George lorsqu’on lui a demandé si son vaccin avait provoqué de la douleur.

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George Stathopoulos (à droite) était accompagné de sa mère Vassiliki Makri au moment de recevoir son vaccin.

« C’est absolument excellent », a affirmé Mme Makri pour qualifier le processus de vaccination. Elle s’est dite heureuse de se faire vacciner pour contribuer à mettre fin à la pandémie.

L’ensemble du personnel du centre de vaccination a été formé dans le but de répondre adéquatement aux personnes qui ont des besoins particuliers, explique la coordonnatrice Caroline Saumure.

Des « scénarios sociaux » leur ont été fournis, soit une série d’images qui permettent de montrer le fonctionnement de la vaccination. Des pictogrammes sont aussi disponibles pour communiquer avec les personnes qui en auraient besoin.

L’ensemble du site est également accessible aux personnes ayant des limitations physiques. Le processus de vaccination se veut aussi « simple et court » pour les personnes ayant une déficience intellectuelle, a ajouté Mme Saumure.

Caroline Saumure s’est dite ouverte à ouvrir davantage de plages de vaccination à l’image de dimanche si la demande se fait sentir.

Concilier bien-être et vaccin

La coordonnatrice du Comité régional des associations pour la déficience intellectuelle (CRADI), Ghislaine Goulet, a affirmé que le regroupement de 33 organismes communautaires avait « vraiment en tête le bien-être des personnes » lors de l’élaboration de cette campagne de vaccination. Une consultation a aussi été effectuée en compagnie d’organismes venant en aide aux personnes qui ont des limitations physiques.

Le CRADI a mis à la disposition de ses organisations membres des fiches techniques sur lesquelles il était possible de voir les services spécifiques offerts dans chaque site de vaccination. Le document est mis à jour tous les lundis.

Même si l’ensemble des lieux ne proposent pas tous les services, « chaque CIUSSS a adapté un milieu particulièrement pour les personnes hypersensibles au son, à la lumière et à la présence d’autres personnes », évoque Mme Goulet.

La coordonnatrice du CRADI indique aussi que la vaccination à l’auto a déjà été offerte aux personnes qui ne voulaient pas sortir de leur véhicule, mais qui souhaitaient de recevoir le vaccin.