(Québec) Québec a dépensé 100 000 $ en 2020-2021 pour étudier le phénomène de la COVID longue et y consacrera un autre 100 000 $ en 2022-2023.

Caroline Plante
La Presse Canadienne

Une goutte dans l’océan, réagit la porte-parole libérale en santé, Marie Montpetit, considérant qu’environ 10 % des Québécois qui ont contracté la COVID-19 auront des effets à long terme.

Pensons à la fatigue, à l’essoufflement, aux troubles de mémoire et de concentration, à l’anxiété et à la dépression, a confirmé le 12 avril l’Institut national d’excellence en santé et services sociaux (INESSS).

« C’est quand même un nombre substantiel de Québécois qui sont déjà dans cette situation-là », a souligné Mme Montpetit lors de l’étude des crédits du ministère de la Santé.

« Je n’ai pas entendu ni le premier ministre ni le ministre de la Santé en parler », a-t-elle déploré.

L’opposition libérale estime que le gouvernement devrait se préoccuper davantage de la situation et réfléchir à des moyens pour prendre en charge les patients souffrant de la COVID longue.

Elle s’inquiète que ces personnes soient « livrées à elles-mêmes ».

« Il y aurait déjà 900 personnes qui se sont déclarées être en attente pour voir un médecin pour être suivies. Qu’est-ce qu’on fait ? C’est quoi le plan ? » demande Marie Montpetit.

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Deux cliniques axées sur la recherche ont vu le jour à Montréal et à Sherbrooke, répond le ministre de la Santé, Christian Dubé.

Mais seul l’Institut de recherches cliniques de Montréal (IRCM) s’est vu attribuer une somme de 100 000 $ pour la mise sur pied d’infrastructures de recherche, a-t-il reconnu.

L’IRCM, qui voit également des patients à « problématiques particulières », aura droit à un autre 100 000 $ en 2022-2023, a précisé le sous-ministre adjoint Daniel Desharnais.

« Ça ne veut pas dire […] qu’il n’y a pas d’autres activités qui se font au niveau de la COVID longue notamment à partir des différents centres de recherches.

« Ce n’est pas parce qu’il n’y a pas de soutien du ministère que ces projets-là ne sont pas financés autrement, notamment par des fonds de recherches autres ou des fondations », a-t-il expliqué.

La tâche des médecins de famille

En ce qui a trait à la prise en charge de patients, l’objectif du gouvernement n’est pas de développer un réseau de cliniques spécialisées, a ajouté sa collègue, la Dre Lucie Opatrny,

C’est de fournir un guide aux omnipraticiens pour qu’ils s’en occupent.

Pour l’instant, selon la Dre Opatrny, on s’interroge encore à savoir « est-ce qu’il y a des traitements spécifiques à donner ou est-ce que c’est juste un support et observation qu’il faut donner ? »

L’INESSS a reçu le mandat de passer en revue la littérature et d’élaborer un guide sur le traitement de la COVID longue pouvant être utilisé par l’ensemble des médecins de famille, a-t-elle indiqué.