Vous avez des questions sur la COVID-19 et la vaccination ? Des journalistes de La Presse répondent directement à vos interrogations sur le sujet.

Ariane Krol Ariane Krol
La Presse

Beaucoup de lecteurs nous ont soumis la même interrogation : qu’en est-il des doses de vaccin reçues en Floride ?

« Considérant que les vaccins utilisés aux États-Unis ont tous été homologués au Canada, toutes les doses de vaccin contre la COVID-19 administrées aux États-Unis sont considérées comme valides », nous a répondu Robert Maranda, porte-parole du ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS).

Les personnes ayant déjà reçu leurs deux doses sont donc considérées comme « adéquatement protégées ». Pour celles qui n’ont reçu que la première dose, la vaccination sera complétée au Québec en suivant l’intervalle entre les doses recommandé ici (au minimum 28 jours, et idéalement 16 semaines).

Si le vaccin reçu à la première dose n’est pas offert sur place au moment de la vaccination, un produit différent, idéalement de la même technologie, pourra être utilisé, précise le Ministère. Par exemple, une personne qui a reçu un vaccin de type ARN messager (comme ceux de Pfizer et de Moderna) devrait, « dans la mesure du possible », recevoir une dose d’un autre vaccin à ARN messager.

Par ailleurs, les informations sur les vaccins reçus aux États-Unis seront saisies dans le Registre de vaccination du Québec – le système informatisé dans lequel sont déjà consignés tous les vaccins reçus ici. « Le MSSS travaille actuellement sur une manière de faire plus simple pour aider les personnes à faire enregistrer leurs vaccins », indique M. Maranda.

Le Ministère est aussi préparé à l’éventualité de faux certificats de vaccination, assure-t-il. « Nos équipes sont capables de vérifier la véracité d’une preuve vaccinale américaine. » Pour les vaccins reçus ailleurs qu’au Canada ou aux États-Unis, par contre, la question est encore à l’étude.

Pourquoi pas dans le Carnet santé ?

Christian Picard, de Boucherville, a récemment égaré le fameux petit papier attestant sa première dose, qu’on lui avait remis au centre de vaccination en lui recommandant de le conserver précieusement.

Réalisant qu’il n’avait aucune autre preuve de l’inoculation, il a eu le réflexe de consulter son Carnet santé, le dossier gouvernemental accessible en ligne qui regroupe de nombreux renseignements médicaux (résultats de prélèvements et d’examens d’imagerie médicale, liste des médicaments, rendez-vous avec le médecin de famille, etc.). De son vaccin Pfizer reçu le 14 avril, par contre, M. Picard n’a vu aucune trace. Il a finalement retrouvé son précieux petit papier dans une pile de factures, et l’a rangé dans son portefeuille, mais la question demeure.

« Pourquoi n’avons-nous pas automatiquement une preuve de vaccination COVID-19 dans notre Carnet santé ? », nous a-t-il demandé.

En effet, pourquoi pas ?

PHOTO ROBERT SKINNER, ARCHIVES LA PRESSE

Centre de vaccination à Brossard

Comme le souligne la Régie de l’assurance maladie du Québec (RAMQ), qui gère le service de Carnet santé, celui-ci « regroupe vos informations de santé en un seul endroit, accessible de partout ».

Les résultats des tests de dépistage de la COVID-19 y sont d’ailleurs visibles sans délai depuis le début de mars. Pourquoi ne pas y ajouter la preuve de vaccination contre le virus ?

Interrogé sur la question, le ministère de la Santé nous a plutôt parlé de son Registre de vaccination du Québec, le système informatisé dans lequel tous les vaccins reçus par une personne au Québec doivent être inscrits.

« Toute vaccination, qu’elle soit couverte ou non par le régime public, doit obligatoirement être saisie au Registre de vaccination », souligne le porte-parole du Ministère, Robert Maranda.

La bonne nouvelle, c’est qu’une trace officielle des doses de vaccin reçues contre la COVID-19 est conservée dans les serveurs informatiques du gouvernement.

La moins bonne nouvelle, c’est que cette information n’est pas accessible aux particuliers.

Seuls les « intervenants du réseau de la santé », dont les médecins et les infirmières, peuvent utiliser ce registre pour accéder à l’historique de vaccination d’une personne, indique le Ministère.

Les autorités de santé publique peuvent aussi utiliser cet outil pour divers aspects d’une campagne de vaccination, notamment pour communiquer rapidement avec les personnes visées par le rappel d’un lot de vaccins.

« Il s’agit d’opérer une transformation numérique de ces informations », a résumé M. Maranda, en ajoutant que le ministre de la Santé, Christian Dubé, avait demandé une recommandation à la Direction générale de la santé publique à ce sujet.

« J’ai demandé d’avoir une preuve digitale le plus rapidement possible pour remplacer la preuve papier », a assuré pour sa part le ministre Dubé en point de presse, jeudi. « J’ai toujours dit que je voulais qu’on ait le plus rapidement possible un code QR, qu’on peut avoir sur notre téléphone, qu’on recevrait par courriel. »

Cette preuve numérique ne serait toutefois qu’une première étape, a indiqué le ministre. Resteront ensuite les questions éthiques entourant les situations dans lesquelles cette preuve pourra être utilisée. Québec a demandé au directeur national de santé publique, le DHoracio Arruda, de « rentrer dans tous les détails » avec son équipe, a indiqué M. Dubé.

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