Depuis lundi, il faut passer par un point de contrôle pour traverser la frontière qui sépare le Québec et l’Ontario en raison de la fulgurante progression du virus dans la province voisine.

Mayssa Ferah Mayssa Ferah
La Presse

La Police provinciale de l’Ontario (PPO) surveillait étroitement les allées et venues des conducteurs, lundi matin, sur la route Transcanadienne, près de Rigaud. Les camions qui transportaient de la marchandise pouvaient continuer leur route sans interruption.

Les autres véhicules se rangeaient à droite pour répondre aux questions des agents. On les interrogeait sur les raisons de leur déplacement. Rendez-vous médical, obligations professionnelles, droit de garde d’un enfant : seuls des motifs valables permettaient de passer d’une province à l’autre.

« Pour moi, ça ne fait aucune différence. Je traverse la frontière chaque jour pour le travail. Je leur ai expliqué que j’étais livreur, ils m’ont laissé passer rapidement », a expliqué Jian Xien au volant de sa voiture.

À l’entrée du pont Long-Sault, qui relie le village de Grenville à Hawkesbury, des effectifs policiers interceptaient les véhicules.

Le maire de Grenville, Pierre Thauvette, admet qu’il s’agit d’un coup dur pour les petits commerçants. « Ça nous touche, car ça nous prive de l’accès aux grosses villes les plus proches et ça diminue le nombre de visiteurs, mais ça demeure une bonne idée. Ça aurait dû être fait il y a longtemps. »

« C’est plutôt rassurant. Ils auraient dû barrer la frontière dès le début de la pandémie », pense pour sa part Marcel Gibeault, résidant du village.

« Ça va être spécial. Ça va nuire aux commerçants, on va avoir des pertes, c’est sûr », a expliqué avec déception Sylvie Raymond, propriétaire d’une boutique de vêtements en gros.

Plusieurs de ses clients ont fait des allers-retours entre les deux provinces pour profiter d’aubaines avant la fermeture de la frontière, a-t-elle raconté.

Des policiers de la Sûreté du Québec (SQ) étaient sur place du côté québécois de la frontière, mais n’arrêtaient aucun véhicule au passage de La Presse. Au Québec, les barrages seront déployés de façon aléatoire.

La frontière entre l’Ontario et le Manitoba est également fermée.

La Santé publique ontarienne rapporte d’ailleurs 4447 nouveaux cas de COVID-19 et 19 décès liés au virus. Une centaine d’hospitalisations viennent alourdir le bilan. La moyenne sur une semaine des nouveaux cas quotidiens est de 4348.

Le taux de propagation en Ontario est près du double de celui observé actuellement au Québec. On y recense quotidiennement en moyenne 302 nouveaux cas par million d’habitants, contre 170 au Québec.

Avec Pierre-André Normandin, La Presse