Un « camion-crieur » était à l’œuvre, samedi dans l’ouest de l’île de Montréal, afin d’annoncer l’ouverture de nouvelles cliniques mobiles de vaccination contre la COVID-19, et ce, dans plusieurs langues. Québec espère notamment susciter plus d’engouement pour l’AstraZeneca, dont la campagne sans rendez-vous a ralenti ces derniers jours.

Henri Ouellette-Vézina Henri Ouellette-Vézina
La Presse

Le but de l’opération était d’« annoncer la première clinique éphémère dans les rues du quartier Notre-Dame-de-Grâce, en vue de l’ouverture qui sera mardi », a expliqué samedi un porte-parole du CIUSSS du Centre-Ouest-de-l’Île-de-Montréal, Barry Morgan, dans un courriel envoyé à La Presse.

Plus largement, la circulation de ce véhicule, muni de plusieurs haut-parleurs, a pour objectif de diffuser des messages de prévention et d’information liés la vaccination dans l’espace public, dans le but de joindre des communautés culturelles ne parlant ni français ni anglais. Trois organismes ont collaboré pour rendre l'opération possible, soit la Cafétéria communautaire MultiCaf, le Service d'interprète d'aide et de référence aux immigrants et le Consortium philanthropique COVID Québec, qui a fourni les fonds nécessaires.

Sa présence fait suite à la sortie du ministre de la Santé et des Servies sociaux, Christian Dubé, qui a demandé vendredi au réseau « de faire des interventions ciblées dans certains quartiers », dont Côte-des-Neiges–Notre-Dame-de-Grâce. Le but : informer la population dans « plusieurs langues » sur les plages libres pour se faire vacciner.

La Direction régionale de santé publique de Montréal (DRSP) avait aussi lancé un nouvel appel aux Montréalais admissibles à se faire vacciner, indiquant que de nombreuses places étaient toujours libres au cours de la fin de semaine pour recevoir le vaccin d’AstraZeneca. Québec souhaite administrer plus de 20 000 doses du vaccin d’AstraZeneca à Montréal ce week-end. Les doses seront offertes toute la fin de semaine, sans rendez-vous, aux personnes de 55 ans et plus.

Une bonne idée, mais pas une solution miracle

Pour la Dre Marie-France Raynault, cheffe du département de médecine sociale et préventive du CHUM, le camion-crieur est une « bonne idée », à condition de déployer simultanément plusieurs autres mesures dans les différentes communautés.

Il y a certains groupes de la population plus réticents à se faire vacciner à Montréal, donc il faut les joindre de plusieurs manières. Le camion-crieur, c’est une bonne idée, et ça n’aura pas d’impacts négatifs a priori.

La Dre Marie-France Raynault, cheffe du département de médecine sociale et préventive du CHUM

« On n’a rien à perdre à le faire, mais il faut se rappeler que ce ne sera pas suffisant », soulève-t-elle, en appelant les autorités à continuer leurs efforts dans les médias communautaires et sur le terrain, notamment en effectuant du porte-à-porte et en traduisant les outils de communication.

L’experte affirme qu’il faudra aussi peut-être appeler davantage de leaders religieux à soutenir l’effort. « Ça a été fait notamment pour le ramadan avec des leaders musulmans, qui ont précisé que la vaccination ne rompait pas le jeûne. Ça, c’est très utile, parce que souvent dans les communautés, il y a un fort attachement à ces leaders. Ils peuvent nous aider à faire passer le message », rappelle la Dre Raynault.

En définitive, plus le Québec passera rapidement à la vaccination générale de la population adulte, plus il sera facile de joindre ces communautés. « Quand ce n’est pas expliqué dans ta langue, comprendre la liste de priorisation du vaccin, ça peut être très compliqué. Ce n’est pas évident pour quiconque, mais ce l’est encore moins quand on ne parle ni français ni anglais », fait aussi valoir la médecin.