(Ottawa) Les étiquettes des vaccins d’AstraZeneca seront mises à jour afin d’y inclure une mention de « possibles risques » de thromboses liés à leur utilisation. Mais Santé Canada persiste et signe : le vaccin demeure sécuritaire, et on ne compte pas en suspendre l’utilisation.

Mélanie Marquis
Mélanie Marquis La Presse

L’étiquetage des vaccins AstraZeneca et Covishield sera mis à jour pour « indiquer que ces évènements très rares sont possiblement associés à l’utilisation du vaccin », a déclaré le DMarc Berthiaume, directeur du Bureau des sciences médicales de Santé Canada.

Mais alors que les variants continuent de se propager, il a voulu « insister sur ce qui ne change pas », soit que le vaccin demeure sûr. « Santé Canada estime toujours que les avantages du vaccin d’AstraZeneca l’emportent sur les risques de contracter la COVID-19 », a-t-il affirmé.

« À l’heure actuelle, la COVID-19 étant hautement transmissible, certaines personnes présentent un risque élevé d’exposition et de maladie grave. En revanche, le risque de subir un effet indésirable grave de ce vaccin ou d’un autre vaccin autorisé est très faible », a plaidé le DBerthiaume.

Pas question, donc, d’emboîter le pas au Danemark, qui est devenu le premier pays de l’Union européenne à suspendre complètement l’utilisation du vaccin, mercredi, en raison de préoccupations concernant le risque de développer des thromboses.

Un premier cas de thrombocytopénie avec thrombose est survenu au Québec dans les derniers jours à la suite de l’administration du vaccin d’AstraZeneca (Covishield). Il s’agit du premier cas du genre à être recensé au Canada.

Des risques très faibles

S’agissant de comparer l’incidence de cas de thromboses découlant de l’administration du vaccin à celle d’en développer en raison du tabagisme, de l’utilisation de pilule anticonceptionnelle, ou simplement du risque en général, la Dre Supriya Sharma, conseillère médicale en chef de Santé Canada, a appelé à la prudence

C’est « un défi », car il faut comparer « des pommes avec des pommes et des oranges avec des oranges », et les caillots que l’on semble développer après l’injection du vaccin, associés à un faible taux de plaquettes, ne sont pas du même type que dans les cas d’espèce évoqués ci-haut.

Mais tout de même, pour donner une idée, elle a énuméré ceci : « Si vous êtes une femme âgée entre 15 et 45 ans, le risque de caillots de sang est de 1 sur 3300. Si vous prenez la pilule, le risque passe à 1 sur 1600 […] Si vous êtes enceinte, il passe à 1 sur 300. Juste après la grossesse, on parle de 1 sur 100 ».

Hospitalisé car infecté par la COVID-19 ? « Le risque est d’un sur cinq », a déclaré la Dre Sharma.

Pour en revenir au vaccin d’AstraZeneca, la Medicines and Healthcare products Regulatory Agency du Royaume-Uni a estimé que le risque global de ces caillots sanguins était d’environ quatre personnes sur un million qui reçoivent le vaccin.

Johnson & Johnson

Concernant l’autre vaccin qui lui aussi éprouve certains problèmes, celui de Johnson & Johnson (Janssen au Canada), il a mentionné que les autorités sanitaires canadiennes suivaient la situation « de près » et collabore avec le fabricant, la FDA aux États-Unis et l’Agence européenne des médicaments.

Le Canada a autorisé le vaccin au début du mois de mars, mais n’en a jusqu’à présent reçu aucune dose. Les premières livraisons sont attendues à la fin du mois d’avril, selon ce qu’a dit la semaine passée la ministre de l’Approvisionnement, Anita Anand.

Les États-Unis ont interrompu l’utilisation du vaccin Janssen à titre de mesure de précaution pendant qu’ils analysent des signalements de rares caillots sanguins. L’Agence européenne des médicaments examine aussi ce nouveau signal lié à la sécurité, a spécifié le DBerthiaume.

Les évènements ayant mené à la suspension « semblent très rares », six cas de caillots sanguins inhabituels ayant été signalés à la suite de l’administration de 6,8 millions de doses du vaccin Janssen aux États-Unis, a-t-il ajouté.

Mais Santé Canada reste aux aguets et « prendra des mesures si nécessaire » en ce qui a trait à ce vaccin, a dit le DBerthiaume.