Le variant d’origine sud-africaine peut davantage franchir les défenses immunitaires générées par le vaccin de Pfizer-BioNTech que les autres formes du virus, a démontré une nouvelle étude israélienne. Avec 154 cas, le Québec est la province canadienne qui recense le plus de cas du variant sud-africain.

Alice Girard-Bossé Alice Girard-Bossé
La Presse

Mayssa Ferah Mayssa Ferah
La Presse

Dans les essais cliniques, le vaccin à ARNm Pfizer-BioNTech s’est avéré efficace à 95 % pour prévenir les maladies symptomatiques. Cependant, des inquiétudes ont émergé concernant l’efficacité des vaccins contre divers variants de la COVID-19.

Une équipe de l’Université de Tel Aviv et de l’organisation de soins de santé Clalit a séquencé les prélèvements de 150 Israéliens qui ont été déclarés positifs à la COVID-19 alors qu’ils avaient reçu les deux doses du vaccin. Parmi ceux-ci, le taux de prévalence du variant sud-africain était huit fois plus élevé que chez les personnes non vaccinées.

Les résultats démontrent que le variant sud-africain permet de mieux traverser les défenses de la personne vaccinée que les autres formes du virus.

Cette étude, qui n’a pas encore été révisée par les pairs, est la première à être basée sur des données du monde réel. En Israël, plus de 80 % de la population âgée de 16 ans et plus a reçu au moins une dose de vaccin, principalement celui de Pfizer-BioNTech. Les chercheurs préviennent toutefois que l’étude a été menée sur un très petit échantillon et que des recherches supplémentaires seront nécessaires pour confirmer ces chiffres.

Ces nouvelles données viennent contredire la précédente étude de l’alliance Pfizer-BioNTech. Le 1er avril dernier, l’alliance avait affirmé que son vaccin conservait une efficacité très élevée contre le variant sud-africain du coronavirus, puisqu’aucun cas de COVID-19 n’a été observé en Afrique du Sud sur les personnes vaccinées pendant la phase III.

Le variant britannique pose problème

L’étude israélienne a également démontré une protection plus faible au variant B.1.1,7, d’origine britannique, dans les semaines suivant la première dose du vaccin.

« Étant donné que certains pays choisissent d’augmenter l’écart entre le premier et le deuxième vaccin [Pfizer-BioNTech] de la période recommandée de trois semaines à une période plus longue, il est important d’évaluer soigneusement si ce retard a un impact sur l’efficacité du vaccin contre la souche B.1.1,7 », a indiqué l’étude.

Les résultats démontrent que le taux de prévalence du variant britannique était 2,6 fois plus élevé chez les personnes vaccinées avec seulement une dose que chez les personnes non vaccinées. Ce qui indique une efficacité réduite du vaccin contre le variant si le délai recommandé n’est pas respecté.

Les variants progressent

Jusqu’à présent, le Canada a recensé 24 995 cas de variants, dont 23 611 du variant britannique et 345 du variant sud-africain. Près de la moitié des cas du variant sud-africain ont été relevés au Québec. L’Ontario, en deuxième position, en a recensé 75. La Colombie-Britannique et l’Alberta en ont identifié respectivement 51 et 26.

Le variant britannique poursuit sa propagation rapide à travers le pays. L’Ontario et l’Alberta sont fortement touchés avec 9632 et 8229 cas. De son côté, le Québec en recense 1430.

Nette hausse des hospitalisations

L’impact de la propagation des variants plus contagieux se fait sentir au Québec. La province a rapporté dimanche 1535 nouveaux cas de COVID-19 et 5 décès supplémentaires liés au virus. Les hospitalisations sont en nette hausse.

Depuis le début de cette pandémie, 326 383 personnes au Québec ont contracté la COVID-19. Au total, 303 039 sont rétablies. Le nombre de cas a bondi de 1535 dimanche.

Des cinq décès rapportés, deux ont eu lieu dans la dernière journée. Un décès est survenu entre le 4 avril et le 9 avril, un autre avant le 4 avril et un décès a été enregistré à une date inconnue.

« Les données [de dimanche] sont préoccupantes alors que 58 % des nouveaux cas à l’échelle du Québec concernent des personnes de moins de 40 ans », s’est inquiété le ministre de la Santé, Christian Dubé.

Jusqu’à présent, 10 742 Québécois sont morts à la suite de complications liées au virus.

On recense 25 hospitalisations de plus que samedi. Au total, 608 patients sont hospitalisés. Parmi ceux-ci, 139 se trouvent aux soins intensifs, un de plus que la veille.

L’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) comptabilise 728 nouveaux cas de variants par criblage au Québec, pour un total de 16 173.

Des régions fortement touchées

Par ailleurs, en chiffres bruts, la Capitale-Nationale et l’île de Montréal demeurent les régions les plus touchées. Elles comptent respectivement 331 et 330 nouveaux cas. Les autorités ont enregistré 244 cas supplémentaires en Chaudière-Appalaches et 157 en Montérégie.

Elles rapportent aussi 89 cas à Laval, 74 dans les Laurentides, 72 dans Lanaudière, 59 dans l’Outaouais et 52 dans le Bas-Saint-Laurent.

En zone encore orange, on recense 40 nouveaux cas en Estrie, 32 en Mauricie–Centre-du-Québec et 31 au Saguenay–Lac-Saint-Jean.

En zone jaune, on semble assister à une résurgence sur la Côte-Nord, où sept cas se sont ajoutés aux douze de la veille. La Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine fait état de trois nouveaux cas et l’Abitibi-Témiscamingue, de sept.

Après avoir atteint un nouveau sommet de 73 023 doses dans la journée de vendredi, la vaccination a ralenti quelque peu samedi, avec 59 447 doses administrées.

Vendredi, on a réalisé 35 961 tests de dépistage au Québec.