(Montréal) Une manifestation contre les mesures sanitaires en milieu scolaire s’est tenue samedi midi, au centre-ville de Montréal. L’organisme derrière le rassemblement réclame un « retour à la normale » dans le réseau scolaire, en se disant inquiet pour le bien-être des jeunes.

Henri Ouellette-Vézina Henri Ouellette-Vézina
La Presse

« Ce qu’on veut, c’est un retour à la normale dans les écoles. On s’oppose au masque parce qu’il n’y a aucune étude qui démontre que c’est réellement sans danger pour nos enfants. Il n’y a pas de données, actuellement, qui justifient d’imposer ça aux jeunes », affirme la cofondatrice du Collectif parents Québec Pascale Montesano.

Elle soutient qu’il existait « plusieurs alternatives » à l’imposition du masque obligatoire dans les écoles. « Il y a les demi-classes, les capteurs de CO2, les purificateurs d’air, les systèmes de ventilation, bref, tout ça aurait eu beaucoup plus d’effet sur la transmission que de masquer un enfant, en portant atteinte à son développement et à son bien-être. Aucun jeune n’est capable d’apprendre avec un masque toute la journée, sans que ça lui pose problème », fustige Mme Montesano.

On n’est pas des complotistes, on ne dit pas que la pandémie n’existe pas. Notre but, c’est de sensibiliser les gens sur les effets des mesures dans les écoles.

Pascale Montesano, du Collectif parents Québec

La porte-parole soutient que son collectif rassemble déjà plus de 20 000 personnes « opposées » aux mesures sanitaires en place. « Ça fait un an que les enfants en souffrent, des mesures par-dessus la tête. En tant que parents, c’est à nous de nous lever pour eux », martèle-t-elle au passage.

Mme Montesano se dit aussi inquiète par le fait que des masques jugés potentiellement dangereux pour la santé ont été distribués au personnel en éducation, en garderie et en santé de la province. Elle fait ainsi référence aux masques du fournisseur Métallifer et de son modèle SNN200642, qui a fait l’objet d’un avis publié par Santé Canada le mois dernier. « Où sont les normes du gouvernement ? Pour les enseignants et pour nous, c’est très inquiétant », affirme la mère de famille.

Mesure qui fait réagir

Sur les réseaux sociaux, les organisateurs de la « Grande Marche des enfants » disent vouloir envoyer un message clair à la population et au gouvernement Legault. Il s’agit du même regroupement qui avait encouragé les parents à garder leurs enfants à la maison au retour de la relâche, le mois dernier, en guise de protestation contre le port du masque médical imposé dès la première année du primaire. Cette directive, initialement appliquée en zone rouge, doit être étendue aux régions en zone orange à compter de lundi prochain, comme l’a annoncé Québec.

En procédant à cette annonce plus tôt cette semaine, le premier ministre, François Legault, avait tenu à souligner la grande capacité d’adaptation des tout-petits. « Je sais que certains parents étaient inquiets de l’impact chez les jeunes enfants, mais je peux vous dire qu’on le fait déjà dans les zones rouges, ça se passe très bien », a soutenu le chef de la Coalition avenir Québec.

Son gouvernement a enregistré 21 410 cas de COVID-19 parmi les élèves et les membres du personnel du réseau scolaire au cours de la première moitié de l’année. Et jeudi passé, plus de 18 000 autres infections avaient été rapportées.

Rappelons que les manifestations restent permises en temps de pandémie, à condition que les participants se couvrent le visage tout au long du rassemblement.

Avec La Presse Canadienne