La troisième vague se fait durement sentir au Canada où, malgré une tendance à la hausse, le Québec semble pour l’instant mieux s’en tirer que plusieurs autres provinces, particulièrement l’Ontario et l’Alberta. Quelles mesures sont prises ? Et quelle est la situation épidémiologique ? Tour d’horizon du pays, où les cas sont en hausse de 29 % depuis une semaine.

Henri Ouellette-Vézina
Henri Ouellette-Vézina La Presse
Pierre-André Normandin
Pierre-André Normandin La Presse

Le reconfinement de l’Ontario

Cette semaine, la province voisine du Québec a comptabilisé plus de 3200 nouveaux cas à plusieurs reprises. Vendredi, elle a atteint un sommet de 4227 nouveaux cas, surpassant ainsi la barre des 4000 infections pour la première fois depuis le début de la crise, en excluant les rattrapages de données. Ces 4227 nouveaux cas représentent 290 cas par million d’habitants. En comparaison, le Québec est à 190 cas par million d’habitants. La majorité des cas se situent toujours à Toronto, qui en enregistre plus de 1200.

PHOTO FRANK GUNN, LA PRESSE CANADIENNE

File devant un centre de dépistage de la COVID-19 à Toronto, vendredi

Le taux de positivité est de 6,88 % ; la province a vu le nombre des cas augmenter de 37 % depuis une semaine. Elle affiche une moyenne quotidienne de 241 nouveaux cas par million d’habitants. C’est nettement plus que le Québec, qui est à 159.

Le gouvernement de Doug Ford a annoncé mercredi qu’une « ordonnance de rester à la maison » sera de nouveau en vigueur pendant quatre semaines, afin de lutter contre la hausse jugée « alarmante » des nouveaux cas de COVID-19. Les commerces qui offrent des produits essentiels resteront ouverts, mais seulement pour vendre des articles d’épicerie et de pharmacie. Ces nouvelles mesures étaient devenues « nécessaires » pour lutter contre la troisième vague, qui menace de submerger le système de santé, a aussi martelé le premier ministre ontarien.

En Alberta, le resserrement des règles

Aux prises avec une flambée des nouveaux cas, en bonne partie provoquée par la propagation accrue du variant anglais, le gouvernement albertain de Jason Kenney a annoncé mardi que la province retournerait vendredi aux restrictions de « l’étape 1 ».

Vendredi, les restaurants ont dû fermer leurs salles à manger, et les commerces de détail doivent depuis limiter leur capacité d’accueil, tandis que les gyms font aussi l’objet de nouvelles consignes sanitaires. L’activité physique en groupe est désormais interdite, tout comme les rassemblements en salle. Enfin, les bibliothèques doivent aussi fermer leurs portes temporairement.

PHOTO JASON FRANSON, ARCHIVES LA PRESSE CANADIENNE

La Dre Deena Hinshaw, médecin en chef de l’Alberta

On observe 251 nouveaux cas par million en moyenne en Alberta, ce qui représente une hausse de 57 % en une semaine. Un nouveau sommet de 1521 cas y a été observé vendredi. Aussi, les efforts de la Santé publique en matière de traçage et de dépistage sont désormais « concentrés » sur les variants britannique et brésilien, a indiqué jeudi la médecin en chef de l’Alberta, la Dre Deena Hinshaw. « Si vous avez eu un contact étroit, un test vous sera proposé dès que vous en serez informé, et si votre test est négatif, un test vous sera proposé de nouveau 10 jours après votre dernière exposition. En testant tous les contacts proches deux fois, nous avons de meilleures chances de rapidement identifier les nouveaux cas et arrêter leur propagation », a-t-elle dit.

Fin du séquençage systématique en Colombie-Britannique

Dans l’extrême ouest du pays, la Colombie-Britannique a annoncé jeudi que la Santé publique ne séquencerait plus « systématiquement » les cas de COVID-19, afin de déterminer de quelle souche il s’agit. Les efforts seront plutôt consacrés à prévoir l’émergence de nouvelles souches.

PHOTO JONATHAN HAYWARD, LA PRESSE CANADIENNE

Un homme portant un masque d’intervention passe devant l’entrée des urgences de l’Hôpital général de Vancouver, vendredi.

« Nous n’avons plus besoin de savoir si le variant du Royaume-Uni est présent ici. Il est présent. Le nombre de cas augmente et il cause plus de transmission partout dans la province », a soutenu la médecin hygiéniste en chef, la Dre Bonnie Henry.

La province rapporte 208 nouveaux cas par million d’habitants, en hausse de 21 %. Jeudi, la Colombie-Britannique avait enregistré un sommet de 1293 nouvelles infections, en ajoutant au passage 2 décès supplémentaires. Comme partout au Canada, les milieux de travail sont surveillés de près ; depuis peu, un lieu de travail est automatiquement fermé si trois personnes ou plus y ont contracté le virus, avec une exemption pour les services essentiels, dont les épiceries, les hôpitaux ou les pharmacies.

Vaccination élargie en Saskatchewan

La transmission reste aussi élevée en Saskatchewan, à environ 191 nouveaux cas par million. Vendredi, on y recensait 372 nouvelles infections, pour un total de 35 748 depuis le début de la crise.

Depuis deux jours, les citoyens âgés de 53 et 54 ans peuvent dorénavant obtenir une dose du vaccin de Pfizer, à Regina, dans un centre de vaccination « au volant ». Vendredi, la prise de rendez-vous a aussi été ouverte pour les résidants de 55 ans et plus partout dans la province. Ceux et celles qui résident dans les zones nord, ainsi que les travailleurs de la santé ou les malades chroniques, peuvent déjà prendre rendez-vous s’ils ont 50 ans ou plus.

Scott Moe, premier ministre de la province, a indiqué récemment qu’il envisageait d’ouvrir des centres de vaccination « mobiles » dans les lieux de travail comptant plus de 600 salariés. Comme au Québec, plus de la moitié des éclosions se déroulent en milieu de travail en Saskatchewan ; à Saskatoon, c’est même 77 % des foyers qui en émanent.

Le Manitoba et l’Atlantique

On compte environ 65 nouveaux cas par million d’habitants au Manitoba, où les dernières données quotidiennes font état de 176 cas en plus, pour un total de 34 969 cas déclarés. Vendredi, la province a par ailleurs annoncé qu’un « supercentre » de vaccination serait mis sur pied à Winnipeg, d’ici le début mai, avec une capacité maximale d’environ 4150 doses par jour.

L’objectif est d’accélérer la campagne en cours, mais aussi d’atteindre les buts fixés par le gouvernement de Brian Pallister, soit avoir administré 400 000 doses à la population d’ici la fin du mois d’avril. On projette également que la population générale, soit les adultes de 18 ans ou plus, pourra se faire inoculer à partir de la mi-mai.

En Atlantique, notons que la Nouvelle-Écosse est également sous surveillance par les autorités de santé publique. Les cas y ont augmenté de 75 % depuis une semaine. Cela dit, à l’échelle canadienne, les chiffres restent bas, à seulement cinq nouveaux cas par million d’habitants, en moyenne.