(Montréal) Aujourd’hui plus accessible, le vaccin AstraZeneca devient davantage attrayant. Les craintes se sont vite dissipées, alors que depuis jeudi, les Québécois de 55 ans et plus pouvaient se faire vacciner sans rendez-vous avec l’AstraZeneca seulement. Des milliers de personnes impatientes de recevoir leur première dose ont attendu en file tôt le matin dans plusieurs régions du Québec.

Mayssa Ferah Mayssa Ferah
La Presse

Jeudi matin, de nombreuses personnes au regard pétillant recevaient leurs coupons. Un laissez-passer pour la paix d’esprit, juge Diane Langlois, présente au Stade olympique dès 7 h 45. Attendre jusqu’à 13 h pour être inoculée ? Pas de problème, dit-elle, déjà prête à retrousser sa manche.

« J’attendrai le temps qu’il faudra. C’était frustrant de voir les plages horaires vides la semaine passée », s’exclame la femme de Saint-Léonard.

« Pour moi, le commencement de la fin de la pandémie, c’est la vaccination. Les effets secondaires, je pense pas à ça pantoute ! », explique le dynamique Mario Nadeau, 59 ans. Les cas de thromboses liées au vaccin AstraZeneca sont rarissimes, rappelle le résidant de Rivière-des-Prairies. Mais attention, rappelle M. Nadeau : « Il ne faut pas devenir délinquant après le vaccin. Je vais continuer à porter mon masque. »

L’achalandage matinal a surpris Rita Beaudin et Jacques Malenfant, de Pointe-aux-Trembles. Le couple préfère recevoir un vaccin « avec des risques minimes » plutôt que de contracter la COVID-19 et d’en garder des séquelles.

Vaccination au Stade olympique

  • PHOTO PATRICK SANFAÇON, LA PRESSE

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  • Le ministre de la Santé et des Services sociaux Christian Dubé salue les gens venus se faire vacciner.

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    Le ministre de la Santé et des Services sociaux Christian Dubé salue les gens venus se faire vacciner.

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« Je pensais être tout seul à vouloir ce vaccin-là. Mais on voit qu’avec les variants, les gens ont vite sauté sur l’occasion », analyse M. Malenfant, 56 ans.

La montée fulgurante des variants continue d’inquiéter Mme Beaudin. « Je suis très fière qu’ils aient ouvert ces places sans rendez-vous, mais j’ai hâte que plus de groupes d’âge soient vaccinés, comme les jeunes. »

À Brossard et à Boucherville, les files d’attente sont moins longues. Un peu partout, la foule du matin se dissipe pour laisser place à des files bien ordonnées et distancées. Le système de coupon évite tout agglutinement.

« Un soulagement »

Au Palais des congrès à Montréal, on avait vacciné 600 personnes autour de 14 h, s’est réjouie Marie-Ève Brunelle, directrice par intérim de la vaccination et dépistage pour le CIUSSS Centre-Sud-de-l’Île-de-Montréal. « On a beaucoup appris du dépistage », ajoute-t-elle.

L’immense espace au plancher couleur béton était rempli de Montréalais venus profiter de la clinique de vaccination sans rendez-vous. Parmi eux, le candidat à la mairie de Montréal Denis Coderre. « C’est très important de venir se faire vacciner. Le vaccin AstraZeneca est sécuritaire », a-t-il dit à La Presse.

Je suis tellement contente. Ça s’est tellement bien passé. Je lis beaucoup sur les variants et c’est vraiment un soulagement d’avoir une dose accessible si rapidement.

Karen Boekh, 56 ans

Les potentiels effets secondaires du vaccin AstraZeneca l’inquiétaient auparavant, admet-elle. L’ouverture de plages horaires pour son groupe d’âge a chassé ses appréhensions. « Comme tout le monde, je me posais des questions. Je me suis informée et je prends la bonne décision aujourd’hui. »

Le CIUSSS du Centre-Sud-de-l’Île-Montréal a indiqué souhaiter « idéalement » ne pas faire de la vaccination en pleine nuit, contrairement au CIUSSS de la Capitale-Nationale. La vaccination s’est toutefois terminée hier à 20 h 30 au Palais des congrès plutôt qu’à 20 h normalement et il est prévu que les heures d’ouverture s’étirent au-delà de 20 h au besoin.

Des files à l’aurore

À Québec, des gens sont arrivés aux deux sites désignés dès 4 h 30 du matin. En tout, à Québec – région durement frappée par le virus –, 1260 coupons de vaccination sans rendez-vous ont été distribués en l’espace d’une heure.

En moins de 15 minutes, le CIUSSS a remis les 300 coupons à la clinique désignée de L’Ancienne-Lorette.

À Montréal aux abords du Stade olympique, plus de 350 personnes patientaient sous le soleil jeudi matin. En matinée, 150 coupons pour un rendez-vous plus tard dans la journée avaient été distribués à ceux qui faisaient la file.

La visite de Christian Dubé a surpris certaines personnes dans la file. Le ministre de la Santé et des Services sociaux n’a pas caché sa bonne humeur en constatant l’affluence.

On espérait que ce soit la réaction des Québécois.

Christian Dubé, ministre de la Santé et des Services sociaux

Combien de doses seraient administrées jeudi à la grandeur de la province ? Le ministre n’a pas fourni d’estimation. « J’aimerais ça qu’on me surprenne », a-t-il répondu.

« Des [cliniques de vaccination] ont décidé de rester ouvertes jusqu’à minuit ce soir. C’est le genre de créativité que j’aime », a-t-il dit plus tard en point de presse.

« C’est la première fois de ma vie que je suis content de voir des files d’attente », a renchéri le premier ministre François Legault.

« Premier arrivé, premier servi »

La prise de rendez-vous débutera vendredi. Ceux qui veulent recevoir leur première dose d’AstraZeneca pourront encore se présenter sans rendez-vous jusqu’à dimanche.

« En donnant les coupons pour des rendez-vous plus tard, on évite les gros rassemblements et ça permet une bonne distanciation. C’est très efficace », explique Catherine Dion, des relations médias du CIUSSS de l’Est-de-l’Île-de-Montréal.

Sur place, c’est premier arrivé, premier servi. Dès que les 2000 doses disponibles pour la journée ont trouvé preneur, l’opération de distribution des coupons prend fin. Chaque site dispose toutefois de 6000 doses supplémentaires jusqu’à dimanche, selon Mme Dion.

Sur le territoire de la Capitale-Nationale, on annonçait en fin de journée un engouement sans précédent.

« Avec l’appui du ministre de la Santé et des Services sociaux, nous avons réussi à obtenir 15 732 doses du vaccin AstraZeneca supplémentaires, qui s’ajoutent aux 13 900 doses que nous avions déjà », selon le CIUSSS.

Un sondage réalisé par l’INSPQ du 19 au 31 mars 2021 montre que 78 % des Québécois qui n’ont pas encore reçu de vaccin ont l’intention de le faire.

On distribuera 29 632 doses d’ici une semaine.

Samedi et dimanche au centre de vaccination de masse d’Expo Cité à Québec, on vaccinera pour une durée totale de 24 heures.

Avec Gabriel Béland, La Presse