Propagation rapide des variants, hausse des hospitalisations chez les plus jeunes, resserrement des mesures. D’un océan à l’autre, le bilan canadien de la COVID-19 n’est pas encourageant.

Alice Girard-Bossé Alice Girard-Bossé
La Presse

L’ensemble des provinces canadiennes a noté une augmentation des cas de COVID-19 au cours des derniers jours. La Saskatchewan, la Colombie-Britannique et l’Alberta sont les provinces qui recensent le nombre de cas quotidiens le plus élevé par habitant.

« La bonne nouvelle est que bon nombre des plus vulnérables ont été vaccinés, remarque le docteur Michael Curry, médecin urgentiste et professeur à l’Université de la Colombie-Britannique. Bien que le nombre de cas puisse augmenter, nous espérons que le nombre d’hospitalisations et de patients gravement malades n’augmentera pas aussi fortement que par le passé. »

Forte propagation des variants

Cette hausse des cas pourrait s’expliquer par une rapide propagation des variants plus contagieux. Le Canada a enregistré lundi une augmentation de 16 % des cas de variants par rapport à vendredi. « Ce n’est que la pointe de l’iceberg », a indiqué lundi soir sur Twitter l’administratrice en chef de la santé publique, la Dre Theresa Tam.

Jusqu’à présent, 9009 cas de variants ont été détectés au Canada. Plus de 90 % d’entre eux sont des cas de variant britannique. La province la plus touchée par les mutations du virus est l’Alberta, avec 3292 cas de variant britannique. La Colombie-Britannique suit avec 1915 cas.

La situation en Ontario n’est pas plus réjouissante. « Près de 60 % des cas de COVID-19 sont dus à des variants et ce chiffre est en augmentation », constate le docteur Gerald Evans, professeur de médecine, sciences biomédicales et moléculaires et pathologie et médecine moléculaire à l’Université Queen’s en Ontario.

Au Nouveau-Brunswick, 82 % des cas dans la région d’Edmundston sont des cas présumés de variant britannique. Jusqu’à présent, 26 cas de variants ont été enregistrés dans la province. La Nouvelle-Écosse, l’Île-du-Prince-Édouard et Terre-Neuve-et-Labrador ont recensé respectivement 27, 4 et 178 cas de variants, depuis le début de la pandémie.

Hausse des hospitalisations… chez les jeunes

Au cours de la dernière semaine, le nombre de lits d’hôpital occupés par des patients de la COVID-19 au Canada a augmenté de 1629 à 1778. Les patients aux soins intensifs et ceux qui ont nécessité une ventilation artificielle ont également augmenté. « Nous avons actuellement des effectifs plus élevés dans les hôpitaux et les unités de soins intensifs qu’en décembre, lorsque le verrouillage a été imposé en Ontario », a affirmé le DEvans.

De son côté, le DCurry observe de plus en plus de jeunes hospitalisés. « Nous voyons, dans mon service des urgences, moins de patients âgés provenant des centres de soins de longue durée que nous n’en avons vu plus tôt dans la pandémie. Nous voyons maintenant plus de personnes plus jeunes, les personnes qui n’ont pas encore été vaccinées, présentant des symptômes plus sévères de la COVID-19 », soutient-il.

Des nouvelles mesures

Plusieurs provinces ont récemment opté pour un resserrement des mesures sanitaires. « Lundi, le gouvernement de la Colombie-Britannique a mis en place des mesures pour trois semaines. Pour la première fois depuis le mois de mai, les restaurants et les bars sont fermés à la restauration en salle », indique M. Curry. La plus grande station de ski du Canada, Whistler-Blackcomb, a fermé ses portes pour la saison après une augmentation des cas du variant brésilien à Whistler.

En Saskatchewan, le gouvernement a recommandé aux résidants d’éviter les déplacements inutiles à destination des régions fortement touchées par les variants, tandis que le premier ministre de l’Ontario a prévenu sa population de se préparer à un possible resserrement des règles.

La vaccination continue

Plus de 5,2 millions de doses de vaccin contre la COVID-19 ont été administrées au Canada. « Cette semaine en Colombie-Britannique, nous vaccinerons des personnes au début de la soixantaine, indique le DCurry. De plus, les jeunes souffrant de problèmes de santé, les personnes travaillant dans les zones chaudes, les agents de santé, les sans-abri et les jeunes d’ascendance autochtone ou vivant dans des communautés isolées seront également vaccinées cette semaine. »

C’est aussi le cas de l’Alberta, qui vaccine, depuis mardi, les personnes nées de 2005 à 1957 avec certains problèmes de santé sous-jacents à haut risque tels que les maladies chroniques ou les cancers.

Suivant l’avis du Comité consultatif national de l’immunisation (CCNI), toutes les provinces canadiennes ont suspendu lundi l’administration du vaccin AstraZeneca-Oxford COVID-19 aux personnes de 55 ans et moins.

Avec Pierre-André Normandin, La Presse