(Ottawa) Le Canada pourrait s’enrichir de 1,5 million de doses du vaccin d’AstraZeneca grâce à un « prêt » de son voisin du sud.

Mélanie Marquis Mélanie Marquis
La Presse

La porte-parole de la Maison-Blanche, Jen Psaki, a annoncé jeudi que l’administration Biden travaillait sur un plan de « prêt » de doses qui pourrait permettre au Canada de mettre la main sur 1,5 million de doses du vaccin d’AstraZeneca, lequel n’a pas encore été approuvé aux États-Unis.

« Alors que nous sommes dans l’attente de l’approbation de la FDA [Food and Drug Administration] ici, de nombreux pays ont déjà approuvé le vaccin d’AstraZeneca et demandé des doses produites aux États-Unis », a-t-elle exposé en conférence de presse.

« Nous tentons de déterminer comment nous pouvons prêter des doses. C’est notre intention, ce n’est pas tout à fait finalisé encore […] C’est un processus complexe, et notre équipe travaille avec les compagnies pour aller de l’avant », a ajouté la collaboratrice du président Joe Biden.

Elle a ajouté que Washington disposait d’une réserve de sept millions de doses du sérum d’AstraZeneca qui pourraient être « relâchées » ; de cette banque, on pourrait puiser 2,5 millions de doses et les acheminer à un autre pays frontalier, soit le Mexique.

« La réalité est que la pandémie ne connaît pas de frontières. Faire en sorte que nos voisins puissent contenir le virus est une étape critique », a plaidé la porte-parole, sans fournir de précisions sur le calendrier de ces possibles livraisons.

Au cabinet de la ministre fédérale de l’Approvisionnement, Anita Anand, on a confirmé qu’un accord visant un « échange » était en négociation. Essentiellement, le Canada recevrait les 1,5 million de doses, et rendrait ensuite la pareille.

« Ils n’ont pas besoin des doses maintenant, mais ils en auront besoin dans le futur », a souligné son directeur des communications, James Fitz-Morris.

« Bon stratagème » pour s’en « débarrasser »

Les partis d’opposition ont eu des réactions mitigées à ce développement.

« C’est une bonne nouvelle, avec bien des données inconnues… Quand faudra-t-il rembourser ces vaccins ? Quelle est leur date de péremption ? Quels sont les termes de ce remboursement ? », a énuméré dans une déclaration écrite la députée bloquiste Julie Vignola, tout en soulignant qu’on ne peut « que se réjouir de cette ouverture au dialogue de l’administration Biden sur l’enjeu des vaccins ».

Dans le camp néo-démocrate, le député Don Davies en vient à la conclusion que « c’est mieux que rien », et signale qu’il est toutefois « dur de connaître l’impact réel de ces nouvelles doses si on ne sait pas à quel moment elles nous seront expédiées ».

L’élu a conclu en laissant tomber que « dans tous les cas, ça semble être un bon stratagème pour se débarrasser de doses qui ne sont toujours pas approuvées par les autorités américaines en vue d’en recevoir de nouvelles ».

Au Parti conservateur, le député Pierre Paul-Hus croit que l'entente témoigne de l'échec du gouvernement à assurer un approvisionnement suffisant en vaccins contre la COVID-19.

« Les échecs de Trudeau avec la distribution des vaccins nous mettent dans une position où nous dépendons de la charité des autres pays. Nous avons le pire taux de vaccination du G7, et ça n’aurait pas dû se passer ainsi », a-t-il déploré.