Le pire de la pandémie est derrière nous, croient de plus en plus de Québécois, selon un sondage effectué par l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) du 19 février au 3 mars. Pour la première fois depuis le début de la deuxième vague, l’automne dernier, ils sont plus nombreux à le penser (43 %), qu’à croire que nous vivons actuellement le pire de la crise (35 %) ou qu’il reste à venir (22 %).

Publié le 11 mars 2021
Simon Chabot
Simon Chabot La Presse

Face à une crise qui s’éternise, la population montre toutefois des signes de fatigue. Ainsi, l’adhésion aux principales mesures sanitaires (se laver les mains, se distancier physiquement en société et éviter les rassemblements) a quelque peu fléchi. Le score calculé par l’INSPQ passe de 50 à 47. Aussi, si la grande majorité (61 %) des répondants jugent très facile de suivre ces mesures pendant encore quelques semaines, plus d’un Québécois sur deux (55 %) croit qu’il serait difficile de le faire pendant encore six mois. C’est 5 % de plus que lors du sondage précédent, mené deux semaines plus tôt.

L’INSPQ a aussi sondé les Québécois sur leur isolement, leur sentiment de sécurité, le temps passé devant l’écran, la participation aux jeux de hasard en ligne et leurs habitudes alimentaires et de consommation de cannabis, de tabac et d’alcool.

Isolement et temps d’écran en hausse

PHOTO MARTIN CHAMBERLAND, ARCHIVES LA PRESSE

L’étude de l’INSPQ révèle que 90 % des Québécois en situation de télétravail ont vu leur temps d’écran augmenter depuis le début de la pandémie.

Si le sentiment de sécurité n’a pas évolué depuis le début de la pandémie, estime l’INSPQ, l’isolement social affecte maintenant la moitié des jeunes de 18 à 24 ans (51 %). Globalement, les hommes ressentent moins l’isolement que les femmes. Ce sentiment est en général associé par tous les groupes d’âge à l’ensemble des mesures limitant les relations sociales.

Sans surprise, l’étude de l’INSPQ révèle par ailleurs que 90 % des Québécois en situation de télétravail ont vu leur temps d’écran augmenter depuis le début de la pandémie, il y a un an. Le sondage permet aussi de constater que 97 % des 18-24 ans consultent les réseaux sociaux.

Sans être aussi répandus, la participation au jeu en ligne est en augmentation depuis un an. Près d’un homme sur 10 (9 %) a d’ailleurs commencé à jouer en ligne pendant la pandémie. Quelque 7 % des femmes ont fait de même.

Côté habitudes alimentaires, l’INSPQ estime que 95 % des Québécois ont maintenant l’habitude de préparer des repas. Près de la moitié des Québécois ont toutefois sauté au moins un repas principal depuis deux mois. Le phénomène touche surtout les jeunes de 18 à 24 ans.

Consommation accrue

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Parmi les 16 % de Québécois qui ont consommé du cannabis depuis 12 mois, 39 % disent y avoir recours plus souvent ou en plus grande quantité.

Enfin, le cannabis semble avoir la cote depuis le début de la pandémie. Parmi les 13 % de Québécois qui ont consommé du cannabis depuis un mois, 39 % disent y avoir recours plus souvent ou en plus grande quantité depuis un an. À peine 20 % d’entre eux ont réduit leur consommation. Le phénomène s’observe aussi chez les fumeurs de tabac : le tiers (32 %) a augmenté sa consommation, contre un cinquième (19 %) qui l’a réduite.

L’INSPQ n’a pas cherché à savoir si les Québécois étaient plus nombreux à boire de l’alcool, mais constate que parmi les 55 % d’entre eux qui en avaient consommé dans la semaine précédant le sondage, une bonne proportion (40 %) avait dépassé la limite de consommation à faible risque quotidienne ou hebdomadaire et que 15 % d’entre eux avaient bu tous les jours, ce que déconseille le Centre canadien de lutte contre les toxicomanies.

Le sondage l’INSPQ est réalisé sur le web toutes les deux semaines auprès de 3300 adultes québécois. Il s’agit d’un échantillonnage non probabiliste qui ne présente pas de marge d’erreur.