Même si la transmission a atteint un plateau à Montréal, les indicateurs sont encore au rouge, a souligné la directrice régionale de santé publique mercredi. La progression de la vaccination pourrait cependant modifier les critères menant à des allègements, a avancé la Dre Mylène Drouin.

Ariane Krol Ariane Krol
La Presse

« Le portrait épidémiologique de Montréal a atteint un certain plateau », et la légère hausse du nombre de cas par rapport à la semaine précédente n’a « rien de significatif », a souligné la Dre Drouin en conférence de presse.

Mais « clairement, nos indicateurs sont encore au palier rouge selon les seuils indiqués », a-t-elle poursuivi. Et les variants, qui étaient responsables de 12 % des nouveaux cas à Montréal la semaine dernière, en représentent maintenant 15 % à 16 %.

PHOTO MARCO CAMPANOZZI, ARCHIVES LA PRESSE

La Dre Mylène Drouin, directrice régionale de santé publique de Montréal

La Santé publique s’efforce de vacciner le plus possible avant que les variants plus contagieux deviennent prédominants. « Notre objectif, c’est de repousser la vague, peut-être à début avril. Mi-avril, ce serait encore mieux. »

En attendant, on surveille les effets du « cocktail variants et semaine de relâche », a expliqué la Dre Drouin. « On doit se donner une petite fenêtre d’observation avant de prendre des décisions liées à des assouplissements. »

Les milieux scolaires sont en effet les plus touchés à Montréal, avec 43 éclosions associées à des variants, contre une vingtaine en milieux de travail, sept dans les services de garde, une en CHSLD et une autre dans une résidence pour aînés. Plus de la moitié des éclosions détectées dans des écoles, soit 26, ne comptaient cependant qu’un seul cas.

De plus, on ne recense aucun décès associé à un variant, et très peu d’hospitalisations. « Ça se compte sur doigts d’une main », a indiqué la Dre Drouin

Vers une nouvelle définition de l’orange

Par ailleurs, les critères permettant à une région de passer du rouge à l’orange ne seront plus les mêmes quand viendra le tour de Montréal, prévoit la directrice de santé publique.

« Je ne sais pas si on va appeler ça une zone orange », a indiqué la Dre Drouin. Mais à mesure que la vaccination des groupes vulnérables progressera, « probablement qu’on va réviser la perspective des seuils et l’acceptabilité qu’on va avoir de certains types de transmission ».

Si la population vulnérable est mieux immunisée grâce aux vaccins, « nous pourrions être capables d’envisager la réouverture de secteurs spécifiques », et ce, « même si, dans un mois ou un mois et demi, les variants sont prédominants et qu’on voit beaucoup de transmission communautaire », a expliqué le Dre Drouin.

De tels changements aux critères se feront cependant pour l’ensemble de la province, avec le ministère de la Santé, la Direction générale de santé publique et l’Institut national de santé publique du Québec, a-t-elle souligné.

Jusqu’ici, 35 % des Montréalais de 80 ans et plus et 11 % de ceux de 70 à 79 ans ont reçu une première dose de vaccin. La région a assez de doses pour tous ses résidants de plus de 70 ans et plus, a indiqué la Santé publique. « Si on a une bonne réponse [de la population], on devrait, d’ici la fin mars, être capable d’avoir couvert, pour Montréal, les 70 ans et plus », a déclaré la Dre Drouin.