(Québec) Le gouvernement du Québec a commencé à préparer la campagne de vaccination à domicile, qui doit rejoindre les Québécois incapables de se déplacer pour obtenir leurs doses.

Gabriel Béland Gabriel Béland
La Presse

« Je veux rassurer les gens qui ne pourront pas se déplacer », a avancé mardi le ministre de la Santé, Christian Dubé. « Ces gens-là vont être bien traités et on va se rendre chez eux au besoin. »

Québec a également annoncé mardi une entente avec les pharmaciens propriétaires. Certains Québécois pourront dès le 15 mars se faire vacciner à leur pharmacie, souvent située bien plus proche que les centres de vaccination.

Mais le gouvernement entend aussi mettre en place des solutions pour les Québécois qui ne peuvent tout simplement se déplacer.

Le ministre Dubé a indiqué que certains pourraient être transportés à un lieu de vaccination grâce à des ententes avec des groupes communautaires, ou que la vaccination pourrait même avoir lieu chez eux. Les unités mobiles en œuvre dans les résidences pour personnes âgées pourront d’ailleurs être affectées à cette tâche.

Québec demande pour l’instant aux CIUSSS et au CISSS d’établir des listes de citoyens qui pourraient avoir besoin de se faire vacciner chez eux.

En Gaspésie par exemple, la santé publique explique qu’elle va appeler les gens selon leur âge à mesure que la vaccination de masse va commencer dans les prochaines semaines.

« Si on se rend compter que ces gens ne peuvent se déplacer pour toutes sortes de raisons, on va les inscrire sur une liste à part et quand on aura reçu le vaccin qui permet d’aller les vacciner chez eux, ce seront les services à domicile qui iront », explique en entrevue le DYv Bonnier-Viger, directeur régional de santé publique Gaspésie – Îles-de-la-Madeleine.

Le ministre de la Santé n’a pas avancé d’échéancier. En Gaspésie, le DYv Bonnier-Viger pense que la vaccination à domicile pourrait commencer « probablement avant le mois de juin ».

« On va commencer à vacciner tous ceux qui peuvent se déplacer, puis on ira rejoindre ceux qui n’ont pas pu se déplacer. Mais ce sera avec un vaccin qui se transporte », précise-t-il.

Quel vaccin ?

La vaccination à domicile se heurte en effet à des enjeux techniques. Le vaccin Pfizer/BioNTech est moins fragile que prévu, et peut désormais être conservé à des températures de congélateurs selon l’Agence américaine des médicaments (FDA).

Mais il reste difficile à utiliser pour la vaccination à domicile selon le DBonnier-Viger. « Dès qu’il est décongelé il devient très fragile, alors on ne peut pas le déplacer décongelé », dit-il.

Le Canada attend la livraison de 500 000 doses du vaccin d’AstraZeneca, qui se transporte mieux. Le Comité consultatif national de l’immunisation (CCNI) a toutefois déconseillé l’utilisation de ce vaccin chez les 65 ans et plus.

« Nous attendons que le Comité sur l’immunisation du Québec donne son avis » sur cette question, a précisé mardi le directeur national de la santé publique, Horacio Arruda.

L’utilisation de ce vaccin à domicile faciliterait les choses. « Le vaccin d’AstraZeneca se conserve à température de réfrigération, donc avec des glacières on peut se promener de maison à maison », explique le DYv Bonnier-Viger.