(Québec) En plus d’envisager des barrages routiers à la frontière avec l’Ontario, le premier ministre François Legault songe à maintenir pour encore un mois les zones rouges actuelles, ce qui signifie entre autres la prolongation du couvre-feu.

Tommy Chouinard Tommy Chouinard
La Presse

Lors d’une mêlée de presse jeudi, il a évoqué les scénarios à l’étude en prévision de la semaine de relâche scolaire.

Empêcher les Ontariens de se rendre sur le territoire québécois, « c’est quelque chose qu’on regarde. On a une inquiétude de ce côté-là », a-t-il affirmé. Des barrages routiers pourraient être érigés. « On est en train de regarder ça. Qui va faire ça ? Comment vont se faire les vérifications ? »

Il y a une semaine, il annonçait le maintien du couvre-feu jusqu’au 21 février, mais que cette décision serait réévaluée. Tout porte à croire que cette mesure sera prolongée. Il considère que le couvre-feu sera important pour la semaine de relâche, la première de mars.

Il va plus loin en évoquant que les 11 régions en zone rouge, où habite 90 % de la population, seraient maintenues à ce palier d’alerte plus longtemps. « Est-ce qu’on garde toutes les zones rouges jusqu’au 8 ou au 15 mars. C’est quelque chose qu’on regarde », a-t-il lancé. La semaine dernière, il disait que le statut des paliers d’alerte allait être revu le 22 février.

Il a ajouté que « le plus important pendant la semaine de relâche » sera le respect de la bulle familiale. « Si une famille va à son chalet, l’important c’est que ce soit juste la famille qui aille dans son chalet. On va demander aux policiers de suivre ça », a-t-il dit.

Selon lui, « s’il y a un couvre-feu, si les restaurants ne sont pas ouverts, s’il y a de la surveillance pour que les bulles familiales soient respectées, je pense que c’est bien plus important que de mettre des barrages ».

Il juge « très, très inquiétante » la présence des variants du coronavirus. « On ne prend pas ça à la légère », s’est défendu le premier ministre, soutenant que 8,5 % des échantillons positifs font l’objet d’un séquençage génomique pour déceler les variants. « On veut doubler ça », a-t-il ajouté. « Je pense qu'au total, en tout cas, ce que me dit le Dr Arruda, c'est qu'on en fait plus que n'importe quelle autre province, [du] séquençage [et du] criblage. Puis, moi, j'ai demandé qu'on en fasse encore plus. »

L’Ontario prévoyait la semaine dernière le criblage sur 100 % des tests positifs pour détecter les variants et visait à séquencer au moins 10%. L’Alberta utilise le criblage sur 100% des tests positifs; et environ 20% font l’objet d’un séquençage.

Le Québec a détecté jusqu’ici 11 cas de variants, contre 232 en Ontario, 120 en Alberta et 40 en Colombie-Britannique. « On peut penser qu'étant donné que le variant vient du Royaume-Uni, il y a plus de liens entre le Royaume-Uni puis le Canada anglais qu'avec le Québec. Je ne suis pas certain que c'est ça, l'explication. Mais effectivement, on voit que, pour un nombre de tests quand même important, il y en a, pour l'instant, moins au Québec. Mais il ne faut pas penser que ça ne sera pas différent la semaine prochaine puis dans deux semaines », a-t-il affirmé.

L'enjeu des variants représente « un risque pour le mois de mars » à ses yeux. « Ça va jouer dans les décisions que l’on va prendre dans les prochaines semaines concernant les mesures », a-t-il indiqué.