(Ottawa) Le gouvernement Trudeau resserre les mesures de contrôle sanitaire à la frontière canado-américaine. À compter du 15 février, les voyageurs qui rentrent au pays par voie terrestre devront fournir aux douaniers canadiens un document démontrant un résultat de test négatif de la COVID-19 remontant à 72 heures.

Mis à jour le 9 févr. 2021
Joël-Denis Bellavance
Joël-Denis Bellavance La Presse

Cette mesure est déjà en vigueur depuis le 7 janvier dans le cas des voyageurs qui rentrent au pays par avion. Ces derniers doivent avoir entre les mains un test négatif datant de trois jours avant d’embarquer à bord de l’avion qui les ramène au pays.

Le premier ministre Justin Trudeau a annoncé cette nouvelle mesure durant une conférence de presse à Rideau Cottage visant à faire le point sur la pandémie de COVID-19.

Les voyageurs qui n'ont pas la preuve d'un test négatif s'exposeront à une amende qui pourrait atteindre 3000 $, a précisé M. Trudeau. Mais aucun voyageur ne sera refoulé à la frontière compte tenu que tout citoyen canadien a le droit constitutionnel de rentrer au pays.

« On peut, par contre, appliquer des pénalités s'ils n'ont pas leur test. On peut exiger un suivi attentif de Santé Canada avec d'autres dépistages. Mais on sait que la grande majorité des gens vont faire ce qui est nécessaire et se procurer un test pour le montrer à la frontière et pouvoir rentrer chez eux pour faire leur quarantaine de deux semaines », a souligné le premier ministre.

Le premier ministre a indiqué que d'autres mesures seront annoncées au cours des prochains jours. « Il y a plus de détails qu'on va annoncer sur les mesures qu'on va mettre en place, mais je voulais donner aux gens un peu d'avertissement qu'à partir de lundi prochain, si vous rentrez au Canada par frontière terrestre, alors vous allez devoir démontrer un test négatif datant de 72 heures », a-t-il dit.

Le premier ministre n’a toutefois pas encore confirmé la date à laquelle doivent entrer en vigueur les nouvelles mesures de quarantaine obligatoires pour les Canadiens qui rentrent au pays après avoir effectué un voyage jugé non essentiel à l’étranger.

Il y a 10 jours, M. Trudeau a annoncé que les voyageurs qui rentrent au pays devront subir un second test obligatoire à l’aéroport quand ils arrivent. Et ils devront rester en quarantaine à leurs frais – à un coût de plus de 2000 $ – dans un hôtel supervisé pour une durée de trois jours en attendant le résultat de leur test.

Si le test est négatif, les voyageurs pourront terminer leur quarantaine à la maison et les autorités imposeront des mesures de surveillance accrues. Les voyageurs dont le test est positif feront leur quarantaine dans un centre de la Santé publique pour s’assurer qu’ils ne sont pas porteurs d’un nouveau variant du virus. Le gouvernement fédéral se chargera de ces frais.

Ces mesures, qui s’appliqueront aussi aux voyageurs en provenance des États-Unis, devraient entrer en vigueur au plus tôt le 14 février, selon des informations obtenues par La Presse.

Vaccins : six millions de doses d'ici la fin mars

Devant les journalistes, mardi, M. Trudeau a de nouveau affirmé que le Canada recevra six millions de doses des vaccins Pfizer et Moderna d’ici la fin mars, malgré les récents retards dans la livraison.

Selon le major-général Dany Fortin, qui est responsable de la logistique et de la distribution des vaccins au pays, le Canada doit recevoir 70 000 doses du vaccin Pfizer cette semaine, 400 000 doses la semaine prochaine et 475 000 doses durant la dernière semaine de février.

Selon le premier ministre, le Canada peut s’attendre à une hausse importante du nombre de doses qu’il recevra au cours des prochaines semaines.

« Cette semaine, ce sont des dizaines de milliers de doses supplémentaires de Pfizer qui arrivent, et plusieurs autres millions s’en viennent. En ce qui concerne les vaccins, les choses se déroulent comme prévu malgré des délais temporaires. On va recevoir 20 millions de doses de Pfizer et de Moderna au cours du printemps », a-t-il affirmé.

« D’autres candidats-vaccins sont en cours d’approbation. Les experts de Santé Canada travaillent très fort et vous pouvez être certains que tout vaccin approuvé sera sûr et sécuritaire. Je le confirme, vous et votre famille pourrez vous faire vacciner d’ici septembre », a-t-il affirmé.

Reconnaissant que les règles d'admissibilité n'étaient pas claires pour l'obtention de la Prestation canadienne d'urgence (PCU) dans le cas des travailleurs autonomes, M. Trudeau a confirmé que Revenu Canada n'exigera pas un remboursement des paiements qui ont été versés.

« Je sais que certaines personnes ont souligné des renseignements imprécis concernant les exigences en matière de revenu net et de revenu brut pour la PCU. On veut clarifier la question. Les gens qui ont présenté une demande en fonction de leur revenu brut plutôt que de leur revenu net n’auront pas à retourner les paiements qui leur ont été versés tant que leur demande respecte également les autres critères d’admissibilité », a-t-il indiqué.

M. Trudeau a par ailleurs de nouveau invité les provinces à utiliser les tests rapides que leur a fait parvenir le gouvernement fédéral. En tout, Ottawa a expédié 19,6 millions de ces tests rapides aux provinces.

« Le dépistage est efficace. Et on veut s’assurer que les tests de dépistage soient utilisés. Ces outils essentiels nous aideront à traverser les mois d’hiver et à amorcer la période de vaccination de masse au printemps dans le meilleur état possible », a souligné le premier ministre.

« En plus de parler de la nécessité d’utiliser les tests de dépistage rapide lors de nos rencontres régulières avec les premiers ministres, on travaille maintenant avec le secteur privé pour déployer ces tests dans les milieux de travail à l’échelle du pays », a aussi avancé M. Trudeau.