(Ottawa) Les géants pharmaceutiques tels que Pfizer, Moderna et Johnson & Johnson, entre autres, ont tous refusé de produire leurs vaccins au pays parce qu’ils jugeaient les capacités manufacturières du Canada nettement insuffisantes.

Joël-Denis Bellavance
Joël-Denis Bellavance La Presse

La ministre de l’Approvisionnement et des Services publics, Anita Anand, a révélé que le gouvernement canadien a tenté de convaincre ces sociétés pharmaceutiques de lancer une production de leurs vaccins au pays durant les négociations visant à acheter des millions de doses de leurs vaccins.

Mais chaque fois, le Canada s’est buté à la même réponse.

« Le ministère a, d’une manière proactive et soutenue, approché les fabricants de vaccins en leur offrant la possibilité de produire ici au Canada. Nous avons soulevé cette possibilité à chaque occasion à la table des négociations. Mais les fabricants ont examiné les atouts et les capacités manufacturières ici, et ils ont tous conclu que les capacités biomanufacturières étaient trop limitées pour justifier des investissements de capitaux et d’expertise pour lancer une production au Canada », a affirmé la ministre Anand.

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Anita Anand

La ministre a fait cette révélation jeudi durant son témoignage devant le comité de l’industrie, des sciences et de l’innovation de la Chambre des communes.

Témoignant également devant le même comité, le ministre de l’Innovation, des Sciences et de l’Industrie, François-Philippe Champagne, a pour sa part fait un survol historique de l’étiolement des capacités manufacturières au pays au fil des cinq dernières décennies.

Dans les années 1970, le Canada devait importer seulement environ 19 % des vaccins et des médicaments pour répondre aux besoins des Canadiens. Aujourd’hui, pas moins de 85 % des médicaments et vaccins sont importés de l’étranger. M. Champagne a aussi rappelé que quatre grands joueurs de l’industrie pharmaceutique ont fermé leurs usines de production au pays au cours des deux dernières décennies.

« Notre base manufacturière a été tellement réduite au fil des années. Ça a commencé il y a des décennies. Maintenant ce qu’on est en train de reconstruire, c’est cette base-là manufacturière de la biofabrication chez nous qui va nous permettre d’être résilients et qui va nous permettre de faire face à l’avenir avec beaucoup plus de résilience », a indiqué le ministre Champagne.

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François-Philippe Champagne

Il a souligné que la décision de Novavax de lancer la production de son vaccin, s’il est approuvé par Santé Canada, dans les nouvelles installations du Centre national de recherches du Canada à Montréal constitue une étape importante dans la reconstruction manufacturière pour s’assurer que le Canada ne soit plus à la remorque d’usines établies à étranger pour la production de vaccins.