(Québec) Le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) élargira sa directive sur le port d’appareil de protection respiratoire (APR), comme le masque N95, pour l’étendre au personnel de la santé qui oeuvre dans un milieu de soins en situation « d’éclosion non contrôlée ».

Publié le 28 janv. 2021
Fanny Lévesque
Fanny Lévesque La Presse

Québec réagit ainsi à la publication mercredi d’un avis révisé de l’INSPQ sur le risque « d’exposition aux aérosols des travailleurs de la santé » dans les milieux de soins et de vie, dont les CHSLD.

Après évaluation, le Comité sur les infections nosocomiales du Québec (CINQ) de l’INSPQ a conclu qu’une « éclosion non contrôlée » dans un milieu précis « peut représenter une situation où la concentration d’aérosols du SRAS-CoV-2 est potentiellement plus élevée », et ce, malgré le « respect rigoureux » de l’ensemble des mesures de prévention et contrôle des infections (PCI).

En ce sens, le CINQ estime qu’un travailleur de la santé en CHSLD, par exemple, peut être autorisé à porter un masque de type N95 ou son équivalent.

« Il est recommandé de mettre en place des mesures de PCI essentielles avant de prendre la décision du port du masque N95 », rappelle le MSSS dans un communiqué publié jeudi. « Une directive ministérielle a été élaborée afin d’encadrer l’application de cette nouvelle recommandation. Elle sera envoyée aux établissements au cours de la semaine prochaine », a-t-on indiqué.

Dans son avis, l’INSPQ précise que l’utilisation du N95 devra être faite en fonction de règles très strictes. « Le port d’un APR […] doit être considéré comme une mesure additionnelle temporaire en situation exceptionnelle », peut-on lire dans l’avis. Le CINQ a d’ailleurs produit un outil costaud d’aide à la prise de décision qui revient aux supérieurs.

Pour l’heure, le N95 est permis uniquement lors d’interventions médicales générant des aérosols.

Mercredi, les syndicats de travailleurs de la santé ont affirmé qu’il s’agissait d’un pas dans la bonne direction, mais qu’il faudra aller encore plus loin. Des syndicats, experts du milieu et les formations d’opposition à Québec réclament depuis plusieurs mois que les travailleurs de la santé puissent porter le N95 lorsqu’ils sont en contact avec des patients atteints de la COVID-19, ou soupçonnés de l’être.

L’INSPQ a reconnu au début de janvier que les aérosols jouent un rôle, mais limité, dans la transmission de la COVID-19.