(Québec) Si Ottawa tarde à annoncer de nouvelles mesures pour encadrer les voyages non essentiels, Québec solidaire invite le gouvernement Legault à interdire la promotion de forfaits voyage qu’organisent certaines entreprises en prévision de la semaine de relâche.

Hugo Pilon-Larose Hugo Pilon-Larose
La Presse

Selon la cheffe solidaire Manon Massé, Québec a « toute la légitimité » d’interdire aux agences de voyages et aux entreprises aériennes d’offrir des « combos réduits pour attirer les gens dans leurs voyages non essentiels ». Lors d’un point de presse ouvrant le caucus présessionnel de son parti, mardi, Mme Massé a invité le premier ministre François Legault à adopter un décret en ce sens.

Tout comme le Parti libéral et le Parti québécois lundi, Québec solidaire invite aussi le gouvernement Legault à déconfiner progressivement le Québec à compter du 8 février en tenant compte des différentes réalités épidémiologiques régionales.

« Les mesures mur à mur sont rarement une bonne chose sur un territoire aussi vaste que le territoire québécois. J’invite le gouvernement à tenir compte des appels qui viennent de plusieurs régions en ce moment », a dit le leader solidaire Gabriel Nadeau-Dubois.

Ce dernier a également affirmé qu’il était « convaincu » que les partis politiques présents à l’Assemblée nationale concluraient une entente avec la Santé publique afin de permettre une reprise des travaux parlementaires dans une forme hybride – à la fois virtuelle et en présence – comme prévu dès la semaine prochaine.

Mettre fin aux agences de placement

Québec solidaire demande également à Québec d’encadrer par décret la présence des agences privées de placement dans le réseau hospitalier. « On ne peut plus tolérer que des milliers d’employés de notre réseau public quittent vers des agences de placement », a dit mardi Gabriel Nadeau-Dubois.

Selon lui, le Québec est plongé dans un « cercle vicieux infernal », alors que « plus les conditions de travail sont pénibles [pour les infirmières, entres autres], plus il y a de travailleurs qui désertent vers les agences, et plus il y a de travailleurs qui quittent, plus on a besoin des agences pour les remplacer ».

En ce moment, a ajouté M. Nadeau-Dubois, « les agences privées sont mortes de rire. Plus les gens sont en détresse, plus leur modèle d’affaires est attirant, puis plus ils font du profit, puis c’est qui paye pour ça ? C’est les travailleuses puis c’est les contribuables qui financent, par leur argent, la compétition au réseau public. »

Québec solidaire demande à Québec d’inclure dans un décret encadrant les services offerts par les agences l’obligation de fournir une continuité de services (jours, soirs et fins de semaine) et un contrat d’une durée minimum d’un mois au même endroit pour le personnel.

En contrepartie, les solidaires demandent aussi à Québec « d’envoyer un signal fort qu’il va faire le ménage dans les conditions de travail et que le gouvernement va les améliorer significativement ».