La direction de l’Établissement de Saint-Jérôme invite ses agents correctionnels à se faire tester massivement à la suite de la découverte de plusieurs cas de COVID-19 dans l’une des ailes de la prison mercredi, a appris La Presse.

Daniel Renaud Daniel Renaud
La Presse

Selon nos informations, 14 détenus sur 18 qui ont été testés mercredi dans l’aile FE de la prison ont reçu des résultats positifs. Trois agents correctionnels auraient également reçu la confirmation qu’ils ont été infectés.

« Suite à la présence de plusieurs cas positifs, le secteur FE est dorénavant déclaré zone « chaude ». À cet effet, en tout temps vous devez porter l’équipement de protection individuelle nécessaire soit : visière, gants, masque de procédure et jaquette. Veuillez prendre note également que le port de la visière est obligatoire et ne peut être remplacé par le port des lunettes. Aucune nouvelle admission ne devra être placée au secteur FE et ce, jusqu’à avis contraire », indique une note interne envoyée à tous les employés dont La Presse a obtenu copie.

Loi du silence

Il y aurait actuellement une trentaine de détenus dans l’aile FE qui peut en contenir 48. Sa population est considérée comme ayant un niveau de sécurité moyen par les autorités. Les détenus sont actuellement confinés et les déplacements entre les autres ailes de la prison et la FE sont interdits.

Selon nos informations, un mot d’ordre aurait circulé parmi les détenus de l’aile FE de ne pas prévenir les autorités si jamais des symptômes de la COVID-19 apparaissaient chez l’un d’eux, pour éviter d’être isolé en cellule durant 14 jours.

Cela pourrait expliquer pourquoi un si grand nombre de cas sont apparus si tardivement, en même temps.

Mais cela signifie également que plusieurs agents ont été en contact avec les détenus de l’aile FE avant d’apprendre l’existence de l’éclosion et que des gardiens pourraient avoir contaminé des collègues dans d’autres secteurs.

Dans une autre note de service obtenue par La Presse, la direction de la prison invite tous les agents correctionnels qui ont été en contact avec les personnes incarcérées de l’aile FE de subir un test de dépistage.

« Si vous effectuez un quart de travail aujourd’hui ou demain, vous pouvez vous faire tester directement à la détention. Pour ceux et celles qui ne seront pas sur les lieux durant cette période, nous vous référons à une clinique de dépistage externe. Toutefois, afin de recevoir rapidement les résultats de vos tests, nous vous suggérons de sélectionner une clinique dans la région des Laurentides et de leur dire que vous êtes un employé de l’Établissement de détention de Saint-Jérôme où il y a présentement une éclosion. Comme il s’agit d’un dépistage massif à titre préventif, le personnel testé ne sera pas mis en quarantaine sauf en cas d’apparition de symptômes ou d’un résultat positif », peut-on lire sur la note interne.

Vivement le vaccin

« Cela nous ramène au débat sur l’importance de vacciner rapidement les agents correctionnels dans les prisons, car nous devons continuer à intervenir auprès des détenus. C’est préoccupant chaque fois qu’il y a une éclosion, car nous souffrons déjà d’un manque de personnel », a réagi Mathieu Lavoie, président du Syndicat des agents de la paix en services correctionnels du Québec.

Il y a actuellement environ 300 personnes incarcérées à l’Établissement de détention de Saint-Jérôme.

Pour joindre Daniel Renaud, composez-le (514) 285-7000, poste 4918, écrivez à drenaud@lapresse.ca ou écrivez à l’adresse postale de La Presse.