(Ottawa) Justin Trudeau implore les Canadiens qui avaient prévu un voyage de faire une croix sur leur projet, assortissant son plaidoyer d’une mise en garde : de nouvelles mesures contraignantes pourraient être décrétées sans préavis.

Mélanie Marquis Mélanie Marquis
La Presse

« Une chose est certaine, avec ces nouvelles mutations [du virus], les circonstances pourraient changer très rapidement. Alors, encore, on demande aux Canadiens de rester ici, au pays », a lancé le premier ministre en conférence de presse à Rideau Cottage, mardi.

« Au jour le jour, les ministres continuent d’évaluer les différents enjeux, et on pourrait imposer de nouvelles mesures sans préavis [en fonction] de la situation [...] si nécessaire », a-t-il ajouté, sans toutefois préciser ce qui était dans les cartons.

« Quand je dis que tout le monde doit faire sa part, je m’adresse aussi aux voyageurs. Ce n’est pas le temps de voyager à l’étranger. Si vous aviez prévu de quitter le pays, s’il vous plaît, au nom de tous les Canadiens, annulez », a imploré Justin Trudeau.

« Ça ne vaut pas la peine d’attraper la COVID-19 et de la ramener au Canada pour un voyage dans le Sud ou ailleurs », a conclu le premier ministre derrière le lutrin installé au pas de sa résidence officielle de la capitale nationale.

Il a réitéré que son gouvernement « reconnaît que la Constitution permet aux citoyens de voyager ». Cette analyse des libéraux est remise en question par certains juristes, selon qui l'analyse doit aussi tenir compte de l'intérêt collectif en temps de crise.

L'avertissement de Justin Trudeau a été lancé alors que des reportages ont fait état de ratés dans le système de surveillance des voyageurs aériens qui rentrent au pays et qui doivent s'isoler pendant 14 jours, en vertu de la Loi sur la mise en quarantaine.

Le fait que la semaine de relâche et la migration printanière des snowbirds se profilent à l'horizon ne semble pas non plus étranger à cette mise en garde. « Nous sommes en conversation avec les premiers ministres des provinces et avec nos partenaires pour regarder [...] si on a besoin de prendre encore plus de mesures », a exposé le premier ministre.

Le gouvernement a récemment fait appel à des firmes de sécurité privées pour mieux encadrer les retours de voyage.