À peine 2,4 % des Québécois déclarés positifs à la COVID-19 ont utilisé l’application Alerte COVID depuis son déploiement dans la province le 5 octobre.

Tommy Chouinard Tommy Chouinard
La Presse

Pierre-André Normandin Pierre-André Normandin
La Presse

Selon des données obtenues du ministère de la Santé et des Services sociaux, seulement 3754 personnes ayant obtenu un résultat positif à un test de dépistage ont eu recours à l’application de notification pour alerter les autres utilisateurs, en date du 14 janvier.

Or, le Québec a enregistré pas moins de 158 273 cas confirmés de COVID-19 depuis le 5 octobre, date à laquelle le premier ministre François Legault a donné son feu vert au déploiement de l’application du gouvernement fédéral, après des mois de refus. Il s’agit des deux tiers de tous les cas rapportés depuis le début de la pandémie.

Si briser rapidement les chaînes de transmission du coronavirus est capital dans cette deuxième vague, Alerte COVID y contribue peu en raison de sa faible utilisation.

De façon plus précise, le Ministère indique que 3916 clés à usage unique ont été fournies à des personnes atteintes de la COVID-19. De ces clés, 3754 ont été effectivement saisies dans l’application.

Une personne atteinte de la maladie doit entrer la clé à usage unique dans l’application, sur son téléphone intelligent, afin de signaler sa contamination. Les autres utilisateurs d’Alerte COVID reçoivent par la suite une notification s’ils ont été à proximité de cette personne infectée au cours des 14 derniers jours — à moins de 2 mètres, pendant 15 minutes ou plus.

Les informations demeurent anonymes. C’est pour cette raison que le Ministère ne sait pas combien de personnes ont été prévenues par l’application de leur exposition au coronavirus. On ne demande pas aux personnes qui vont passer un test de dépistage si elles ont été averties par Alerte COVID.

Le Ministère ignore le nombre de Québécois qui ont téléchargé l’application. Ottawa soutient que 6 millions de Canadiens l’ont fait — notons que la Colombie-Britannique, l’Alberta, le Yukon et le Nunavut ne l’utilisent pas. Avant le déploiement au Québec, le gouvernement fédéral indiquait que 3,5 millions de téléchargements avaient été faits à ce jour.

De son côté, Ottawa rapporte que 15 630 Canadiens déclarés positif à la COVID-19 ont utilisé l’application pour avertir les autres utilisateurs — ce qui comprend les 3754 Québécois. C’est aussi une faible proportion de tous les cas confirmés au pays depuis que l’application est offerte.

Pourquoi si peu de personnes déclarées positives l’ont utilisée ? « Plusieurs explications sont possibles », répond le Ministère. Par exemple, « les cas confirmés collaborent avec les gens de la Santé publique qui les contactent et considèrent que tous leurs contacts sont avisés par le biais de ce traçage ». Certains « désirent aviser eux-mêmes leurs contacts ». D’autres « craignent que l’alerte permette de les identifier ». Et des « cas confirmés activent une seule clé pour toute la famille, au lieu d’une par membre de la famille ».

Ce ne sont pas toutes les personnes malades qui ont téléchargé l’application, ajoute le Ministère. En 2019, 77 % des adultes québécois avaient un téléphone intelligent, selon le Centre facilitant la recherche et l’innovation dans les organisations (CEFRIO), dont les activités ont cessé l’été dernier.

Ceci dit, les responsables de la Santé publique ne parlent pas d’Alerte COVID aux personnes déclarées positives, selon des témoignages. Ils ne le font ni lors de l’annonce du résultat positif ni au moment de l’entrevue pour mener l’enquête épidémiologique. Pour signaler son résultat positif, il faut se rendre sur l’application et appeler au numéro indiqué (1 855 228-4253) afin de recevoir une clé à usage unique.

« Dans tous les cas, Alerte COVID a toujours été présentée comme un outil complémentaire aux autres méthodes utilisées comme le traçage et les enquêtes épidémiologiques. Elle ne les remplace pas », plaide le Ministère. « Évidemment, le souhait est que la population télécharge l’application et l’utilise. Nous invitons les Québécois à le faire, mais aucune obligation ne sera appliquée à cet effet. »

Tendance à la baisse

La tendance à la baisse dans les nouveaux cas de COVID-19 s’est poursuivie alors que le Québec en rapportait lundi 1634. Après avoir diminué au cours des derniers jours, le nombre de personnes hospitalisées a toutefois augmenté à nouveau.

Depuis une semaine, le Québec rapporte en moyenne 1975 nouveaux cas de COVID-19 par jour. C’est nettement moins que la moyenne de 2600 cas par jour observée durant le temps des Fêtes. La province se retrouve ainsi au niveau observé juste avant d’entrer dans le long congé des Fêtes.

Le Québec a par ailleurs déploré la mort de 32 personnes de plus en lien avec la pandémie. C’est 9087 décès qui ont été recensés depuis la découverte du nouveau coronavirus dans la province. Depuis une semaine, la moyenne quotidienne de décès s’est établie à 50.

Le nombre de personnes hospitalisées a augmenté de 31, pour un total de 1491. Du nombre, 217 se trouvent aux soins intensifs, soit 2 de plus que la veille.

Québec rapporte que 6845 doses de vaccins ont été administrées dimanche, en baisse par rapport au rythme de 9000 par jour observé depuis une semaine. Ainsi, 1,74 % de la population du Québec a reçu une dose de vaccin.

Les divers corps de police du Québec ont par ailleurs épinglé 1429 personnes pour avoir violé le couvre-feu pendant sa première semaine complète d’application, selon le ministère de la Sécurité publique. Ces individus ont été mis à l’amende pour être sortis de leur domicile entre 20 h et 5 h, sans motif valable, entre le 11 au 17 janvier.

De ce nombre, 353 amendes ont été distribuées par le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM). Le corps de police a annoncé lundi matin avoir reçu un total de 760 appels en lien avec la réglementation sanitaire anti-COVID-19.

— Avec Philippe Teisceira-Lessard, La Presse

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