(Québec) Le gouvernement Legault imposera un confinement général de quatre semaines jusqu’au 8 février. Un couvre-feu, obligatoire, sera aussi instauré pour réduire encore davantage la propagation de la COVID-19.

Denis Lessard Denis Lessard
La Presse

Avec 62 morts mardi, soit le plus haut total quotidien depuis le début de la deuxième vague, Québec est désormais convaincu qu’il faut administrer un électrochoc à la population pour enrayer la transmission communautaire et stopper la progression inexorable des nouveaux cas en soins intensifs, le maillon faible du réseau hospitalier.

Selon les informations réunies par La Presse, François Legault a tranché en fin de journée mardi sur les propositions que lui avait faites la Direction de santé publique à 17 h lundi. Enjeu délicat entre tous, il a obtempéré à la demande des spécialistes quant à la mise en place d’un couvre-feu général, une mesure que le Québec avait évitée jusqu’ici.

La police aura la possibilité de mettre à l’amende les contrevenants selon les discussions impliquant la titulaire de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault. Le couperet tombera, semble-t-il, à 20 h, selon le scénario le plus probable mardi en fin de journée. On demandera aux épiceries et supermarchés de fermer plus tôt, à 19 h ou à 19 h 30 par exemple, pour permettre à leurs employés de rentrer chez eux.

Une telle mesure, totalement inusitée au Québec, doit constituer un électrochoc, selon les stratèges — le couvre-feu a été largement utilisé en Europe et dans quelques États américains, rappelle-t-on au gouvernement.

Le confinement, dont La Presse a révélé les grandes lignes mardi matin, paraît dans l’ensemble calqué sur celui du printemps dernier. François Legault avait décrété le 23 mars la fermeture des entreprises et des commerces à l’exception des services essentiels — les épiceries et les pharmacies, notamment.

Cette fois encore, les secteurs de la construction et manufacturier sont réduits à des activités marginales, jugées essentielles. Mais des exceptions sont toujours possibles. Par exemple, un chantier comme le Réseau express métropolitain (REM) pourra continuer, à cause des pénalités prévues en cas de retard. On n’arrêtera pas non plus les mines ou l’activité des alumineries parce qu’interrompre la production des cuves entraîne des conséquences financières énormes.

Surprise, certaines activités resteront à l’abri du confinement toutefois. Ainsi, les stations de ski pourront continuer de fonctionner, mais toujours sur la base de « bulles familiales ». Dans le même esprit, on permettra encore aux équipes de tournage pour les séries télévisées et les films de continuer leurs activités.

Retour en classe repoussé

Le secteur de l’enseignement est resté jusqu’à la dernière heure la source d’inquiétude au cabinet Legault. À l’origine, avant les Fêtes, tout le monde devait rentrer en classe le 11 janvier.

Selon le plus récent scénario, François Legault annoncera à 17 h ce mercredi que les élèves du primaire seront de retour en classe le 18 janvier et ceux du secondaire, le lundi suivant, le 25.

On supputait encore autour de la possibilité d’une rentrée dès le 11 janvier pour les élèves du primaire, mais cette avenue devenait de moins en moins probable au fil des heures.

Ce qui est certain, c’est qu’à la rentrée le 25 janvier, les élèves du secondaire seront tenus de porter toute la journée des « masques de procédure » fournis par le gouvernement. C’est ce que prévoit annoncer le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, en point de presse jeudi.

Il n’a pas été possible de confirmer ce qui arrivera avec les garderies et les services de garde, mais Radio-Canada rapportait mardi soir qu’ils resteront ouverts.

Toutes les entreprises devront s’appuyer sur le télétravail, à moins que ce ne soit carrément impossible.

L’an dernier, le 23 mars, François Legault avait annoncé la fermeture des entreprises et des commerces, sauf les « services essentiels », pour trois semaines dans un premier temps. Le confinement s’était finalement prolongé jusqu’en mai. Mettre le Québec sur « pause » avait paralysé 40 % de l’économie québécoise.