La majorité des voyageurs rencontrés par La Presse à leur retour du Sud, dimanche soir, étaient prêts à recevoir l’aide financière de 1000 $ offerte par le gouvernement fédéral.

Alice Girard-Bossé Alice Girard-Bossé
La Presse

« Moi, je suis bien content du 1000 $, mais ça fait beaucoup de jaloux », a dit Dirk Waardenburg, voyageur croisé dimanche soir à l’aéroport Montréal-Trudeau à son retour d’Orlando, en Floride, avec sa conjointe Judith Rodier.

La Presse a révélé samedi qu’Ottawa pourrait rembourser jusqu’à 1000 $ pour couvrir les pertes de revenus des voyageurs qui se placent en quarantaine, grâce à la Prestation canadienne de maladie pour la relance économique (PCMRE). La nouvelle a fortement fait réagir, mais les voyageurs, eux, sont prêts à en profiter.

« Les gens sont fâchés qu’on reçoive 1000 $, mais s’ils étaient dans la même situation que nous, je suis sûr que leur avis aurait changé », a ajouté Mme Rodier. D’autres vacanciers ont également fait part de leur intérêt pour obtenir l’aide financière.

PHOTO PATRICK DOYLE, ARCHIVES LA PRESSE CANADIENNE

Pablo Rodriguez, leader du gouvernement libéral à la Chambre des communes

Le gouvernement a toutefois précisé que la PCMRE n’avait jamais eu pour but d’encourager les Canadiens à ne pas suivre les directives de santé publique, et souhaite rectifier le tir le plus rapidement possible. « Ça n’a jamais été l’intention, ça n’a jamais été le but. C’était pour aider les travailleurs à ne pas contaminer leurs collègues. C’est une brèche. On n’avait pas prévu ça, on va le régler, c’est inacceptable », a expliqué le leader du gouvernement libéral à la Chambre des communes, Pablo Rodriguez, en entrevue à LCN.

Des mesures satisfaisantes

Les voyageurs étaient également très satisfaits des mesures de prévention mises en place pendant leur voyage, affirmant que c’était bien plus sécuritaire qu’au Québec.

À Cuba, ils m’ont impressionné, je les ai trouvés très avant-gardistes. Ils sont habillés de la tête au pied comme dans un laboratoire quand on sort de l’avion.

Un voyageur qui a préféré garder l’anonymat

Il explique que tous les voyageurs sont testés en arrivant à destination et que les personnes déclarées positives sont logées dans un hôtel distinct. « On n’était pas plus à risque là-bas qu’ici », a-t-il ajouté.

Judith Rodier est du même avis. « On peut aussi bien attraper la COVID en allant chercher un café au Tim Hortons qu’à Orlando », a-t-elle affirmé. « C’est même plus safe d’aller en vacances que d’aller au Costco », a renchéri son conjoint Dirk.

Une famille revenant de Punta Cana, en République dominicaine, était également très satisfaite des mesures sur place. « La première semaine de vacances, ils remplissaient l’hôtel à seulement 30 % de sa capacité, c’était super. Les employés portaient des masques en tout temps. Honnêtement, j’ai été vraiment rassurée », a indiqué la mère, qui a préféré garder l’anonymat.

À partir du 7 janvier, les compagnies aériennes devront s’assurer que les voyageurs ont été déclarés négatifs avec un test PCR datant de moins de 72 heures avant d’arriver au Canada. Ceux qui ne réussiront pas à obtenir un test avant leur vol de retour devront annuler le vol ou démontrer qu’il n’est pas possible d’effectuer un test de dépistage dans le pays où ils se trouvent. Dans ce dernier cas, ils devront effectuer leur quarantaine obligatoire dans un site d’hébergement de l’Agence de la santé publique.

Des députés libéraux quittent leur poste

Les députés du Parti libéral du Canada Kamal Khera et Sameer Zuberi ont été contraints de renoncer à certaines fonctions parlementaires après s’être rendus aux États-Unis pendant le temps des Fêtes.

Le député de Pierrefonds-Dollard, Sameer Zuberi, a annoncé dimanche qu’il se retirait des comités parlementaires auxquels il siégeait. M. Zuberi a reconnu avoir « commis une erreur de jugement » après s’être rendu aux États-Unis pour aller voir le grand-père de sa conjointe, dont l’état de santé s’était détérioré. Le député était membre du comité de la justice et des droits de la personne et du comité mixte permanent de l’examen de la réglementation.

De son côté, Kamal Khera a renoncé à ses fonctions de secrétaire parlementaire de la ministre du Développement international après s’être rendue à Seattle, aux États-Unis, pendant le temps des Fêtes.

La députée de Brampton-Ouest, en Ontario, a dit qu’elle s’était envolée pour Seattle le 23 décembre afin d’assister à un petit service commémoratif pour son oncle et son père, morts à quelques semaines d’intervalle plus tôt dans l’année. Elle a affirmé qu’elle était revenue au Canada le 31 décembre.

– Avec La Presse Canadienne