À trois jours du déconfinement commercial dans la région métropolitaine, le premier ministre François Legault a participé vendredi matin à une offensive promotionnelle en faveur du port du masque comme barrière à la COVID-19.

Kathleen Lévesque Kathleen Lévesque
La Presse

Après avoir participé à une distribution de masques à la station de métro Cadillac, dans l’est de Montréal, en compagnie du directeur général du Canadien, Marc Bergevin, et du joueur de hockey Jonathan Drouin, le premier ministre s’est rendu dans le quartier Hochelaga, pour visiter la Coopérative Couturières Pop.

À sa descente de voiture, rue Sainte-Catherine, M. Legault portait un masque confectionné par la Coopérative Couturières Pop. Les quatre fondatrices l’attendaient sur le trottoir, visiblement heureuses de discuter de leur succès. « En dedans, on a 50 000 masques. Vous allez voir, il y a une montagne de masques prêts à être distribués. Ça ne reste jamais bien longtemps à l’atelier », a indiqué Camille Goyette-Gingras, directrice générale de la coopérative de travailleuses.

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François Legault (au centre) était notamment accompagné du directeur général du Canadien Marc Bergevin (à droite), vendredi.

Cette coopérative de travailleuses, créée en juillet 2019, connaît une extraordinaire expansion. Elle est passée de quatre couturières membres à 126 à temps plein et 250 à temps partiel. Elle fournit des couvre-visages à la Ville de Montréal et a aussi obtenu des contrats dans le réseau de la santé pour les employés de soutien ainsi que dans le secteur industriel.

Avec la propagation du coronavirus, la petite coopérative a décidé de modifier son offre. « Le problème, c’est que pour répondre aux appels d’offres gouvernementaux, il faut être une grosse entreprise avec beaucoup d’employés. Toutes les couturières à la maison, on s’est rassemblées pour participer à l’effort de guerre », a raconté à M. Legault Mme Goyette-Gingras.

« Bravo ! », leur a lancé le premier ministre. « Ça prend du guts. Faut pas avoir peur du risque pour partir une patente. C’est beaucoup d’heures ! » Puis, il a ajouté que le modèle d’affaires, dans lequel les travailleuses sont toutes copropriétaires, exige « beaucoup d’écoute et de leadership ». « Ça fait beaucoup de monde qui ont des conseils à donner », a-t-il souligné avant d’entrer dans le petit atelier de couture.

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François Legault s'est plus tard rendu à la Coopérative Couturières Pop, où les cofondatrices l'attendaient.

Pour l’occasion, la mairesse Valérie Plante et la ministre de la Métropole, Chantal Rouleau, accompagnaient M. Legault. Les deux élues se sont montrées confiantes pour le retour à la normale des activités dans les commerces. « On met tout en place pour que le déconfinement fonctionne bien. On a mis des inspecteurs de plus, on fait de la sensibilisation dans les commerces. J’espère que la population va porter le masque et c’est pour ça qu’on est là aujourd’hui », a expliqué la mairesse Plante.

On est dans une promotion très importante auprès des Montréalais pour leur rappeler l’utilisation du masque dans les lieux publics, les transports collectifs, les commerces.

Chantal Rouleau, ministre de la Métropole

Après le départ de la caravane politique, Mme Goyette-Gingras a souligné que le premier ministre « était très impressionné par la logistique puisque les couturières travaillent à la maison ». Chacune d’elles peut produire jusqu’à 200 masques par jour. Pour chaque masque, elles reçoivent 1,10 $ ou 1,35 $, selon le modèle. Les couturières ont donc le contrôle sur leur propre salaire.

La Coopérative Couturières Pop a reçu 5200 candidatures au cours des dernières semaines. Elle ouvrira sous peu un deuxième atelier de couture afin de produire de l’équipement homologué par Santé Canada.