Les Québécois sont-ils prêts pour les rassemblements de 10 personnes à l’extérieur dès vendredi ? L’annonce du gouvernement provincial a provoqué des réactions mitigées mercredi.

Nicolas Bérubé Nicolas Bérubé
La Presse

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Quentin Lebrun et Klara Vaillancourt

Quentin Lebrun, 21 ans, se demande si les rassemblements extérieurs qui maintiennent la distanciation de deux mètres ne sont pas précipités. « Les cas d’infection continuent, les morts augmentent. Ça me fait plaisir de pouvoir revoir mes amis, mais j’ai une petite inquiétude quand même. » Klara Vaillancourt, 20 ans, estime que c’est surtout pour « plaire aux gens » que le gouvernement annonce cette mesure. « Ma mère est malade, j’ai peur de la contaminer, alors ça me préoccupe, et je vais garder mes distances. »

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Alexis Lapierre

Alexis Lapierre, 26 ans : « Je vais rester prudent. Déjà, dans les parcs, je trouve que la distanciation n’est pas toujours respectée. Avec mes amis, on va avancer prudemment, mais c’est sûr que la COVID, c’est quand même abstrait pour les générations moins affectées. »

Marie-Anne Bougie, conseillère d’orientation organisationnelle et psychothérapeute, note que les gens qu’elle voit dans sa pratique souffrent beaucoup du confinement, surtout les ados. « Certains trichent. Ils se construisent en partie à travers le regard de l’autre. Les amis deviennent plus importants que la famille. »

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Paule Renaud

Paule Renaud n’est pas contre le déconfinement graduel, surtout qu’il est déjà entamé, dit-elle. « Je suis allée à Québec la fin de semaine dernière, et les parcs étaient pleins, des gens ne respectaient pas les deux mètres… Dans la mesure où les gens respecteront cette nouvelle phase, je suis pour. »

La Dre Roxane Larocque, psychologue, note un certain essoufflement du confinement chez ses patients. « Depuis le début du confinement, le besoin de sécurité était au premier plan, et c’est normal, mais les autres besoins ne disparaissent pas pour autant. » 

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William Bonga

William Bonga : « Je suis mitigé. On a envie de sortir, de profiter du soleil. Si les gens demeurent prudents, je suis pour. Ma crainte, c’est que beaucoup de gens croient que le problème est réglé, car la première vague est en train de s’estomper. Mais il n’y a pas de remède contre la COVID-19, et pas de vaccin, alors rien n’a changé vraiment. Il va falloir faire attention. Personnellement, je n’ai pas de plans précis pour la fin de semaine, je vais continuer de garder mes distances. »

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Mathilde Bonin

Mathilde Bonin réalise que le confinement commençait à s’essouffler autour d’elle. « Les gens se laissent aller, il fait beau, les parcs se remplissent. Ce que le gouvernement dit, ça va seulement officialiser ce qui se produit déjà. Honnêtement, Netflix, j’en ai ma dose. »

Marie-Anne Bougie, conseillère d’orientation organisationnelle et psychothérapeute, remarque une « grande souffrance » chez sa clientèle, surtout chez les plus jeunes. « C’est épuisant d’être uniquement en Zoom ou FaceTime, ça ne remplace pas le besoin d’être là physiquement. »

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Nicole Tardif

Nicole Tardif : « J’ai l’impression que cette étape arrive un peu trop tôt. L’épidémie n’est pas contenue à Montréal, le virus va continuer à se propager. J’ai eu 60 ans, donc je vois les choses différemment. Et je travaille en petite enfance. C’est clair que je vais continuer à garder mes distances, peu importe ce que dit le gouvernement. »

Pour la Dre Roxane Larocque, la réponse de la majorité des Québécois aux directives de distanciation a été bonne jusqu’ici. « Alors a priori, on peut croire que les gens vont respecter ce qui est demandé », note la psychologue.