Québec confirme que les demandes révisées de la FTQ pour le secteur public sont maintenant « pas très loin » des offres gouvernementales. Mais il faut trouver par quel moyen accorder les augmentations, voulues par les deux parties, aux préposés aux bénéficiaires.

Lia Lévesque
La Presse canadienne

« Sur l’ensemble des paramètres salariaux, on s’est rapproché beaucoup. On n’est pas très loin, mais là, on est dans la mécanique », a affirmé mercredi le président du Conseil du trésor, Christian Dubé, lorsqu’il a été interrogé sur le dépôt d’une proposition globale, mardi, par la FTQ.

La FTQ a déposé des demandes globales et révisées d’augmentations de 2 % par année, pendant trois ans, pour l’ensemble de ses membres en santé, éducation et dans les services publics.

Québec offre 1,75, puis 1,75 et 1,5 %.

Là où le bât blesse, c’est sur la façon d’augmenter la rémunération des préposés aux bénéficiaires.

Québec et la FTQ s’entendent globalement sur l’équivalent d’une augmentation de 12 % pour les préposés aux bénéficiaires.

« Des centaines de millions »

La FTQ assure que sa proposition pour les préposés ne bouleverse pas l’équilibre dans les rangements des emplois. Mais M. Dubé soutient le contraire.

Le ministre affirme que les demandes de la FTQ, telles qu’elles ont été formulées, coûteraient « des centaines de millions, même des milliards, si on devait aller là. Et ce n’est pas dans notre intention d’aller là ».

Le rangement des emplois vient de la Loi sur l’équité salariale. Chaque emploi est évalué selon les exigences requises en matière de formation, de responsabilités et autres, puis il se voit accorder un rangement sur une échelle. Plus le rangement est élevé, plus le salaire est élevé.

Ce qui manque pour que les parties s’entendent, « c’est le moyen pour y arriver ; on doit respecter la Loi sur l’équité salariale et les principes de la relativité (salariale) », a expliqué le ministre Dubé.

À l’heure actuelle, les préposés gagnent de 20,55 $ l’heure au premier échelon et jusqu’à 22,35 $ au cinquième et dernier échelon.

Pour parvenir à hausser le salaire des préposés jusqu’à 25 $ l’heure, au sommet de leur échelle, comme la FTQ et Québec le souhaitent, il faudrait selon le ministre faire grimper ceux-ci de plusieurs rangements dans l’échelle d’évaluation des emplois.

Selon le ministre, grimper ainsi de plusieurs échelons à la fois, cela « peut créer un déséquilibre ».

La FTQ assure que sa proposition respecte la Loi sur l’équité, ainsi que le principe des relativités salariales et qu’aucun déséquilibre n’est ainsi provoqué.

Contre-proposition à venir

Le ministre Dubé se dit toutefois optimiste. Il fera d’ailleurs une contre-proposition à la FTQ bientôt. « On a trouvé une voie de passage qui permet de respecter cet équilibre », a-t-il soutenu.

Il s’est permis une flèche à la CSN, qui représente le plus grand nombre de préposés dans le secteur public. « Dans les derniers jours, on a avancé beaucoup plus avec la FTQ, alors j’espère qu’un pourra donner l’exemple à l’autre. »

D’autres points restent à éclaircir : la FTQ revendique que tous les préposés aux bénéficiaires touchent cette augmentation, pas seulement ceux qui travaillent dans les CHSLD. Cela inclut les centres hospitaliers et les centres de réadaptation.

De même, la FTQ demande qu’une somme équivalant à 0,87 % de la masse salariale soit consacrée à hausser le salaire de façon plus importante pour les plus bas salariés.