(Québec) Le ministre de l’Éducation Jean-François Roberge reconnaît des ratés dans la distribution de tablettes et d’ordinateurs aux familles qui en ont besoin pour permettre à leurs enfants de bénéficier de l’enseignement à distance. Il assure malgré tout qu’aucun élève n’a été oublié pendant la pandémie.

Tommy Chouinard Tommy Chouinard
La Presse

Mercredi, La Presse a rapporté que l’équipe de l’école secondaire Lucien-Pagé de Montréal a décidé de faire elle-même une collecte d’ordinateurs parce qu’elle n’aurait pas accès aux tablettes commandées par le ministère.

Or, Jean-François Roberge a signalé que la Commission scolaire de Montréal a fait « très peu de demandes » pour obtenir une part des 15 000 tablettes avec connexion internet disponibles au ministère en vertu d’une entente avec Apple. Environ 5000 ont été commandées jusqu’ici dans l’ensemble du Québec.

« Il me semble qu’il y a quelque chose d’absurde à ne pas commander des tablettes et à demander à des profs de faire des levées de fonds. C’est quelque chose qui vient me chercher », a-t-il lancé lors d’une commission parlementaire virtuelle mercredi.

PHOTO SIMON CLARK, LA PRESSE CANADIENNE

Jean-François Roberge

La députée péquiste Véronique Hivon a plaidé que l’accès déficient aux tablettes et aux ordinateurs est « une discrimination qui n’a pas de sens » au moment où l’enseignement à distance est la seule option offerte en raison de la fermeture des écoles secondaires.

Christine Labrie, de Québec solidaire, a lu un message d’un enseignant en adaptation scolaire de la CSDM déplorant qu’il n’y ait pas assez d’ordinateurs pour les élèves qui en ont besoin : « Ma direction me demande de choisir à qui on pourrait en donner en précisant qu’on ne devrait pas en donner aux élèves qui ont moins de 50 % aux deux premières étapes, car ceux-ci ne pourront généralement pas réussir leur année, contrairement aux élèves qui ont entre 50 % et 60 % ». Ses patrons lui auraient dit qu’ils n’avaient pas reçu la procédure pour recevoir les fameuses tablettes.

« C’est tout simplement inacceptable de choisir quel élève va recevoir les services et de penser que des élèves ne méritent pas d’être aidés. Il y a des gens qui doivent se faire rappeler à l’ordre et sévèrement », a réagi Jean-François Roberge.

Le ministre a reconnu que dans certaines commissions scolaires, « ça a été beaucoup trop long » pour procéder à la distribution d’outils informatiques aux familles qui en ont besoin. Il a souligné qu’il y avait déjà 70 000 tablettes dans le réseau scolaire disponibles pour les élèves.

« Il va falloir faire un post-mortem. Je veux comprendre où ça a bloqué. Je sais que ça n’a pas bloqué au ministère dans ce dossier-là », a-t-il dit.

De son côté, la députée libérale Marwah Rizqy a soutenu que les adolescents sont « les grands oubliés » et que plusieurs souffrent d’anxiété en raison de la fermeture des écoles secondaires.

« Il ne faut pas galvauder le terme » oublié, a-t-il réagi. Selon lui, « c’est faux » de dire que « les adolescents ont été abandonnés ». Il s’apprête à déposer des scénarios pour la rentrée de septembre. Il dit vouloir « écarter » le scénario d’un enseignement uniquement à distance cet automne pour les élèves du secondaire. Véronique Hivon s’est réjouie que l’idée d’une fréquentation en alternance soit envisagée par le gouvernement.

Jean-François Roberge envisage d’ouvrir des camps de perfectionnement cet été pour des élèves du secondaire. « Ça fait quelques semaines qu’on travaille sur des scénarios de soutien durant l’été. On travaille là-dessus avec les équipes au ministère pour voir de quelle façon, avec quels locaux, avec quels fonds, avec quels enseignants ou professionnels on pourrait donner du soutien aux élèves durant l’été avant la rentrée. La réflexion avance là-dessus », a-t-il affirmé.

Le ministre a également indiqué que les écoles spécialisées à vocation régionale pourront rouvrir « incessamment » partout au Québec.