(Halifax) Une équipe de recherche d’Halifax, choisie pour mener les premiers tests cliniques canadiens pour un vaccin contre la COVID-19, a également participé aux études qui ont mené à un vaccin contre le virus Ebola.

La Presse canadienne

Santé Canada a approuvé des tests qui seront menés au Centre canadien de vaccinologie de l’Université Dalhousie. Le premier ministre fédéral Justin Trudeau en a fait l’annonce, samedi.

Le directeur du centre, le Dr Scott Halperin, a déclaré que le laboratoire était l’un des nombreux endroits au Canada et aux États-Unis dont les travaux, à partir de 2014, ont mené au « déploiement d’urgence » d’un vaccin contre Ebola qui a été utilisé en Afrique de l’Ouest, avant la fin d’une troisième phase de tests cliniques.

« Les études de la phase 1 ont été effectuées et dans un intervalle de six mois, les données étaient disponibles et les études de phase trois ont été lancées en Afrique de l’Ouest, ce qui a ensuite permis de stopper l’épidémie », a-t-il mentionné.

Le Dr Halperin a dit qu’il est possible que le même déploiement d’urgence se produise au Canada avec un vaccin potentiel contre la COVID-19, s’il montre du potentiel et est jugé sûr. Cela accélèrerait un processus qui prend généralement de cinq à sept ans, en temps normal.

Les chercheurs d’Halifax s’appuieront sur les travaux du fabricant chinois CanSino Biologics, qui mène déjà des tests cliniques sur les humains pour le vaccin.

Le Dr Halperin a dit que la première phase de tests devrait commencer d’ici trois semaines, une fois l’approbation finale donnée par le comité d’éthique de la recherche du centre.

La phase 1 impliquera moins de 100 volontaires en santé âgés de 18 à 55 ans, qui seront suivis pendant six mois.

« Nous voulons nous assurer que le vaccin est sûr chez les personnes plus jeunes avant de passer à celles qui peuvent être plus à risque », a dit le Dr Halperin.

Les participants reçoivent une dose de vaccin et sont suivis cliniquement par une série de tests sanguins. On leur demande également d’enregistrer leurs symptômes dans un journal afin que les chercheurs puissent avoir encore plus d’informations.

« Nous prenons note de tout type de symptômes qu’ils pourraient avoir, qu’ils pensent que cela soit lié au vaccin ou non », a confié le Dr Halperin.

Chaque participant visitera le centre entre neuf et treize fois lors de la première phase.

S’ils montrent une réponse immunitaire sûre au vaccin, le Dr Halperin a déclaré que les chercheurs passeraient rapidement à une deuxième phase élargie, avant que la première phase soit terminée.

Cela impliquerait des centaines de personnes de tous âges, y compris celles âgées de 65 à 85 ans. Cette phase serait administrée par plusieurs autres centres de recherche, qui font partie du Réseau canadien de recherche sur l’immunisation.

Le réseau a été mis en place par le gouvernement fédéral en 2009, dans le cadre de la réponse à la pandémie H1N1.

L’intention était de créer l’infrastructure pour répondre rapidement à une urgence et de faire des essais cliniques de phase précoce afin que les vaccins soient disponibles au pays.