Alors que le cap est toujours mis sur le 25 mai pour la réouverture des magasins à Montréal, des commerçants de la région sont de plus en plus nombreux à faire du service à l’auto, même s’ils ne sont pas reconnus comme un service essentiel.

Louise Leduc Louise Leduc
La Presse

IKEA et Michaels n’hésitent pas, par exemple, à publiciser qu’ils offrent le ramassage à la porte du magasin. Une chocolaterie montréalaise annonce carrément quant à elle sur Facebook que sa boutique est de nouveau ouverte le jeudi, le vendredi et le samedi, de 10 h à 18 h.

Alexandra Pagé, propriétaire de la boutique Glup et instigatrice d’un service de livraison pour un regroupement de commerçants, à Lachine, ne cache pas qu’elle a, elle aussi, commencé à apporter des marchandises à l’auto.

« Je vends des masques, des détergents… Un moment donné, il faut faire preuve de gros bon sens. Il n’est pas question que qui que ce soit entre dans ma boutique », assure-t-elle. 

Les gens m’appellent, je prends ce qu’il leur faut. Je ne vois pas en quoi ce serait plus dangereux que je leur apporte près de l’auto, en toute prudence, que s’ils allaient dans une grande surface où ils croiseraient plein de monde.

Alexandra Pagé, propriétaire de la boutique Glup et instigatrice d’un service de livraison pour un regroupement de commerçants, à Lachine

Pas plus dangereux non plus, dit-elle, que s’ils allaient chercher burgers et frites à un service à l’auto.

Mme Pagé le dit tout de go : il en va de la survie de sa boutique, et l’injustice qui perdure entre les petits commerces et les grandes surfaces n’est plus acceptable. « Les ventes en ligne et les subventions ne suffisent pas, souligne-t-elle. Je n’arrive qu’à payer la moitié de mon loyer. »

Stéphane Drouin, directeur général du Conseil québécois du commerce de détail, dit observer que de plus en plus de commerces transgressent le décret qui interdit le ramassage à la porte (ce qui exclut les services essentiels).

« Je sais que le ministre de l’Économie et de l’Innovation est très sensible aux représentations que l’on fait et qu’il est ouvert à un assouplissement. Ça fait trois semaines qu’on pousse en ce sens, mais il semble que ça bloque du côté de la Santé publique. »

Ces derniers temps, en entrevue, Billy Walsh, président de l’Association de sociétés de développement commercial de Montréal, a répété que Montréal était la ville la plus touchée au Canada, qu’elle sera la dernière à être déconfinée et que les commerçants de Montréal étaient en péril.

Il réclame un plan d’urgence destiné aux commerces de Montréal.