Du 25 mars au 30 avril, les policiers de la Gendarmerie royale du Canada (GRC) ont visité plus de 1100 voyageurs de retour au pays, dont 165 au Québec, pour s’assurer qu’ils respectaient la quarantaine obligatoire de 14 jours.

Daniel Renaud Daniel Renaud
La Presse

Aux dernières nouvelles, la police fédérale n’avait remis aux voyageurs aucune contravention, dont le montant peut être très salée.

Depuis l’adoption, le 25 mars, d’un décret d’urgence en vertu de la Loi sur la mise en quarantaine, la GRC a le mandat de veiller à ce que tous les voyageurs qui continuent de revenir au pays — car il y en a encore — respectent la consigne d’isolement durant 14 jours, peu importe s’ils présentent ou non des symptômes de la COVID-19.

Au Québec, c’est à la Sûreté du Québec qu’aurait normalement dû revenir une telle tâche, mais c’est la GRC qui s’en occupe, en vertu d’une entente entre les deux corps de police. 

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Du 25 mars au 30 avril, les policiers de la Gendarmerie royale du Canada (GRC) ont visité plus de 1100 voyageurs de retour au pays, dont 165 au Québec.

Chaque fois qu’un voyageur entre au pays, par voie terrestre, aérienne ou maritime, il est accueilli par les agents frontaliers, qui lui expliquent les mesures de santé publique, dont l’isolement obligatoire de 14 jours. Ensuite, les douaniers envoient toutes les informations à l’Agence de la santé publique du Canada. Les employés de cette dernière font une première vérification auprès des voyageurs, au téléphone, par courriel ou par message texte. S’ils ont des raisons de croire que des voyageurs pourraient violer la consigne d’isolement obligatoire, ils envoient une liste de noms et d’adresses à la GRC, qui s’occupe de faire des vérifications en dépêchant au moins un policier à l’endroit où l’isolement obligatoire doit avoir lieu.

Selon des chiffres de la GRC datant du 30 avril, les plus récents que La Presse a pu obtenir, l’Agence de la santé publique du Canada a demandé à la police fédérale d’effectuer 1122 vérifications physiques d’individus, dont 165 au Québec.

Visite à domicile

Par un bel après-midi un peu frisquet, une voiture de patrouille de la GRC roule dans une rue tranquille, dans un quartier paisible d’une ville de la banlieue de Montréal. 

La voiture s’arrête devant une maison. Un policier en sort, sonne à la porte de la résidence, et recule de quelques pas. La porte s’ouvre, faisant apparaître l’un des occupants, qui commence alors à échanger quelques phrases avec le gendarme.

Des voisins pourraient s’étonner d’une telle scène, mais qu’ils ne s’inquiètent pas, il ne s’agit pas d’une perquisition.

« On frappe à la porte et on recule d’une bonne distance, pour parler aux gens et respecter la mesure de distanciation de deux mètres. On peut également se garer devant la maison et appeler dans la résidence pour que la personne se présente dans la porte. Les policiers ont tout l’équipement de protection nécessaire », décrit la caporale Geneviève Byrne, porte-parole de la Division C (Québec) de la GRC. 

Lors d’une première visite, les policiers sensibilisent les voyageurs à l’importance de respecter l’isolement volontaire de 14 jours.

S’ils doivent se rendre à la même adresse une deuxième fois, ils font un avertissement formel. L’étape suivante sera une amende, qui pourrait se transformer en mise en accusation en cas de non-respect de la Loi sur la mise en quarantaine.

Les policiers de la GRC peuvent imposer des contraventions dont le montant varie entre 275 et 1000 $. La Loi sur la mise en quarantaine prévoit des amendes maximales de 750 000 $ ou une peine de prison de six mois, ou même les deux.

« On veut rencontrer et sensibiliser les gens et non leur donner une amende de prime abord. Jusqu’à maintenant, les gens sont très coopératifs. On n’a eu à donner aucune amende. La sensibilisation a fait son chemin », dit la caporale Byrne.

Pour joindre Daniel Renaud, composez le 514 285-7000, poste 4918, ou écrivez à drenaud@lapresse.ca