(Québec) François Legault est « inquiet » du contrôle de la pandémie de COVID-19 dans le Grand Montréal et réitère que « si la situation n’est pas sous contrôle » au cours des prochaines semaines, « on va repousser l’ouverture des commerces, des écoles et des services de garde » au-delà du 25 mai.

Hugo Pilon-Larose Hugo Pilon-Larose
La Presse

En point de presse à Québec, le premier ministre a affirmé lundi que la crise est présentement sous contrôle dans les régions du Québec, mais que la situation dans la région métropolitaine est pour le moins « inquiétante ».

« On va suivre la science », a indiqué M. Legault, disant sans détour que les écoles et les services de garde du Grand Montréal pourraient ne pas rouvrir avant la rentrée d’automne si la Santé publique le recommandait.

Lundi, le bilan des morts causés par le coronavirus a encore augmenté. Il est désormais de 3031, en augmentation de 85 décès en une journée. Il y a maintenant 38 469 cas confirmés de personnes infectées à la COVID-19 au Québec, en augmentation de 748 depuis la veille. 1838 personnes sont actuellement hospitalisées, dont 193 aux soins intensifs. Ce dernier chiffre est en diminution.

François Legault a de nouveau affirmé lundi que le Québec veut faire plus de tests pour dépister les cas positifs de COVID-19. Le gouvernement a notamment adopté un décret, comme le révélait La Presse en fin de semaine, pour permettre à certains professionnels, dont les dentistes et les hygiénistes dentaires, entre autres, de pratiquer ces tests. Le nombre de tests est passé de 6000 à 10 000 par jour au cours de la dernière semaine. Québec veut atteindre la cible des 14 000 tests par jour rapidement.

M. Legault reconnaît que le nombre de décès est très élevé au Québec. Il explique en partie cette situation en raison de la situation critique dans les CHSLD. « On était mal préparés », a-t-il dit.

« Les gens étaient mal payés dans les CHSLD. Dans les CHSLD privés, on parlait de 13 $ de l’heure. Au public, 21 $ de l’heure. Ce ne sont pas des salaires très élevés », a dit François Legault. Conséquence : beaucoup de personnes travaillent à temps partiel dans ces établissements, ce qui a fait en sorte que le personnel s’est promené d’un CHSLD à l’autre en début de crise, aggravant la propagation du virus.

Le premier ministre a également expliqué lundi certaines recommandations qui ont pu sembler contradictoires ces dernières semaines (comme la possibilité ou non des personnes de 60 à 69 ans de retourner au travail dans les écoles, entre autres). « La pandémie évolue, le contrôle de la situation évolue, donc c'est normal que les consignes évoluent. Ce n'est pas parce qu'on change d'idée, c'est parce qu'on s'adapte », a-t-il dit.

Vendredi dernier, l'Institut national de santé publique (INSPQ) a dévoilé un scénario catastrophique pour la région de Montréal où il pourrait y avoir jusqu'à 150 morts par jour cet été advenant un déconfinement ce printemps. En point de presse, lundi, François Legault a affirmé que ce scénario n'arriverait pas, selon lui, puisqu'il est basé sur une situation où le gouvernement ne mettrait pas certaines règles pour baliser le déconfinement.