La priorité du premier ministre Justin Trudeau est toujours la prévention de la propagation de la COVID-19, même si plusieurs régions du Canada ont commencé à dévoiler des plans de déconfinement et de relance économique.

Alexis Bélanger-Champagne
La Presse canadienne

Lors de son point de presse quotidien, M. Trudeau a rappelé l’importance d’assurer la santé et la sécurité des citoyens pendant la période de relance.

« Nous savons que même si certains endroits commencent à redémarrer de différentes façons, nous sommes encore à un moment où des gens doivent se protéger, doivent continuer de rester le plus possible chez eux, doivent continuer à appliquer la distanciation sociale », a-t-il insisté.

« Au fur et à mesure que l’on ouvre tranquillement et graduellement, nous reconnaissons que beaucoup de gens vont devoir continuer de rester chez eux et c’est pour ça que notre emphase continue d’être sur l’appui aux familles, l’appui aux travailleurs, pour qu’ils puissent faire ce que nous avons besoin de faire pour freiner la propagation de la COVID-19. »

M. Trudeau s’est dit particulièrement inquiet pour la grande région montréalaise. Député de la circonscription de Papineau, à Montréal, M. Trudeau a affirmé qu’il travaillait avec le gouvernement de François Legault pour s’assurer que les bonnes mesures étaient prises pour assurer la sécurité des gens.

L’Institut national de santé publique du Québec a dévoilé vendredi une courbe épidémiologique qui mènerait à une moyenne de 150 morts quotidiennement dans le Grand Montréal à la fin du mois de juin si un déconfinement devait avoir lieu dans la situation épidémiologique actuelle.

« Je suis très inquiet pour les citoyens à Montréal, comme je suis inquiet pour les gens à travers le pays, a dit M. Trudeau. Nous devons nous baser sur la science, nous devons nous assurer que ce que nous sommes en train de faire prend en compte la protection des citoyens, de nos aînés, comme priorité absolue. Oui, il faut parler de relancer l’économie de façon graduelle et progressive, mais ça doit être fait tout en gardant les gens en sécurité, d’abord et avant tout. »

Les autorités sanitaires s’inquiètent elles aussi de la situation.

« J’ai peur de voir plus de gens mourir et plus d’éclosions », a fait savoir le Dr Howard Njoo, sous-administrateur en chef de la santé publique.

Les patients résidants dans des établissements de santé de longue durée comptent pour plus de 80 % des décès liés à la COVID-19, même s’ils représentent seulement 20 % des cas confirmés, a indiqué l’administratrice en chef, la Dre Theresa Tam.

Des mesures plus strictes « pourraient être rétablies » si la vigilance se relâchait trop tôt, a-t-elle ajouté.

« Le virus n’a pas été effacé de la planète », a-t-elle renchéri.

Masques défectueux

M. Trudeau a rappelé qu’il était essentiel que les provinces et les territoires soient en mesure d’offrir l’équipement de protection personnelle nécessaire à l’occasion du retour en milieu de travail, dans l’objectif d’éviter une deuxième vague d’infection au nouveau coronavirus pendant l’été.

À ce sujet, le dossier d’une livraison de huit millions de masques à Montréal en provenance de Chine a été abordé. Le gouvernement fédéral a suspendu les envois de masques N95 d’un fournisseur montréalais puisqu’ils ne respectaient pas les normes de spécification.

M. Trudeau a indiqué que des discussions étaient en cours pour trouver des moyens alternatifs d’utiliser ces masques, mais a confirmé qu’aucun de ceux-ci ne seront remis aux travailleurs de première ligne.

« Nous savions qu’il y avait des risques que les produits importés ne soient pas à la hauteur des critères au Canada pour nos travailleurs de la santé, a souligné M. Trudeau. C’est pour cette raison que nous avons mis en place un système de vérification rigoureux. […] L’exemple avec la compagnie montréalaise est la preuve que le système fonctionne. »

Étiquetage, une question de sécurité

L’importation de produits étrangers a aussi provoqué des enjeux sur le plan de l’étiquetage bilingue des emballages. Santé Canada a dû assouplir ses règles afin de rendre disponibles des produits sanitaires. M. Trudeau a noté que des solutions avaient été mises en place pour assurer la sécurité des utilisateurs.

« Nous savons que l’étiquetage dans les deux langues officielles n’est pas juste une question de respect de la dualité linguistique essentielle au Canada, mais c’est une question de sécurité pour les utilisateurs, les consommateurs, les clients, a affirmé M. Trudeau. Nous devons nous assurer que les gens ont accès aux produits et sachent comment bien les utiliser.

“Je sais que des mesures ont été prises pour s’assurer que l’information soit disponible en ligne, dans les deux langues officielles, et même dans d’autres langues, selon les cas, pour les utilisateurs. »

Éviter les abus

Questionné au sujet des abus possibles de certaines entreprises de la chaîne d’approvisionnement alimentaire, M. Trudeau a affirmé que le gouvernement fédéral avait les outils nécessaires pour éviter de telles situations.

« Il est extrêmement important d’assurer la sécurité alimentaire pour tous les Canadiens, a-t-il dit. Nous devons nous assurer que la chaîne d’approvisionnement continue de fonctionner de façon claire et robuste pendant la crise et aussi que personne ne met les profits avant la sécurité des Canadiens. À ce niveau, nous avons des outils à différents paliers et nous les utilisons. »

Nombre de cas

Il y a eu plus de 1,06 million de tests administrés au Canada jusqu’à vendredi. Un peu moins de 6 % d’entre eux ont détecté la maladie.

Samedi, on recensait 67 702 cas confirmés ou probables dans l’ensemble du pays. La COVID-19 a provoqué la mort de 4692 Canadiens.

Distribution des cas au pays, selon les plus récents bilans provinciaux et territoriaux : 36 986 cas au Québec, dont 2786 décès ; 19 944 cas en Ontario, dont 1599 décès ; 6157 cas en Alberta, dont 116 décès ; 2330 cas en Colombie-Britannique, dont 129 décès ; 1011 cas en Nouvelle-Écosse, dont 47 décès ; 533 cas en Saskatchewan, dont six décès ; 284 cas au Manitoba, dont sept décès ; 261 cas à Terre-Neuve-et-Labrador, dont trois décès ; 120 cas au Nouveau-Brunswick, dont 118 guéris ; 27 cas à l’Île-du-Prince-Édouard, tous guéris ; 11 cas au Yukon, tous guéris ; cinq cas dans les Territoires-du-Nord-Ouest, tous guéris ; aucun cas au Nunavut.

À ces bilans provinciaux et territoriaux s’ajoutent les 13 cas, tous guéris, chez les passagers rapatriés du navire de croisière Grand Princess le 10 mars.