La Direction de la santé publique de Montréal reconnaît qu’en concentrant ses efforts dans les milieux de soin ces dernières semaines, elle n’a pu détecter et suivre la plus récente phase de transmission du virus en ville. Elle promet maintenant de mettre les bouchées doubles pour intervenir plus rapidement et isoler à temps les cas problématiques avant le déconfinement de la métropole.

Véronique Lauzon Véronique Lauzon
La Presse

Mardi, en compagnie de la mairesse Valérie Plante, la Dre Mylène Drouin a présenté le plus récent outil de son arsenal anti-COVID : une première clinique de dépistage mobile.

« On va regarder l’achalandage, les besoins. Plusieurs autobus pourraient rouler à travers Montréal », a affirmé la directrice régionale de Santé publique, Dre Drouin.

« On va répondre aux besoins où ils se présentent », a ajouté le président du conseil d’administration de la Société de transport de Montréal (STM), Philippe Schnobb, aussi présent au point de presse.

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La mairesse Valérie Plante et la Dre Mylène Drouin

Ce dépistage populationnel est rendu nécessaire en raison d’une perte de contrôle de la transmission du virus ces dernières semaines. « En avril, on sentait qu’on avait un peu aplati la courbe, explique Dre Drouin. Et à ce moment-là, puisque l’enjeu était des éclosions dans les milieux de soin, on a mis l’ensemble des dépistages dans ces endroits pour contrôler les feux. »

« Mais on se rend compte maintenant qu’on n’est probablement dans la troisième phase de transmission, ajoute-t-elle, où on a des travailleurs de la santé qui sont retournés chez eux et qui ont contaminé. Mais comme on a arrêté de dépister dans les communautés, c’est très difficile de capter cette nouvelle transmission. »

DMylène Drouin admet qu’il y a eu trop d’attentes pour obtenir des résultats de test de dépistage de la COVID-19, mais elle promet que ce problème est maintenant chose du passé. « Les laboratoires nous disent qu’actuellement, avec le rodage et les nouvelles machines qui sont rentrées, ils arrivent quand même à produire les résultats en 24-48 heures. »

Étant donné les besoins dans le Grand Montréal, Valérie Plante a laissé entendre que cette initiative pourrait déborder de l’île et que des autobus pourraient rouler aussi dans les villes de la région métropolitaine « si nécessaire ».

La Direction régionale de Santé publique choisit au jour le jour où la clinique de dépistage mobile sera envoyée, ainsi que celles qui suivront probablement. Mercredi, la clinique se stationnera dans l’arrondissement de Verdun puisque c’est un des endroits où il y a une hausse significative de personnes testées positives à la COVID-19 depuis 14 jours.

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La clinique de dépistage mobile est installée dans un autobus de la STM

« Ce n’est pas tant par arrondissement ou par quartier qu’on va y aller. Plus par “hot spot”, et ça, il y en a dans presque tous les territoires », a expliqué la directrice régionale, en donnant comme exemple qu’un autobus pourra être déployé devant une garderie, une école ou un établissement.

Toute personne qui présente des symptômes de la COVID-19 ou qui a été en contact avec quelqu’un qui est infecté peut se faire tester, et ce, sans rendez-vous. Trois patients peuvent prendre place en même temps dans l’autobus et jusqu’à 225 personnes peuvent être testées par jour.

La Direction régionale de Santé publique compte des centaines d’enquêteurs qui ont comme mission notamment de joindre tous les gens qui ont été en contact avec une personne testée positive à la COVID-19. Mais avec entre autres la hausse du nombre de tests quotidiens de dépistage, elle doit augmenter son effectif. « Ça fait partie du travail qu’on fait depuis deux semaines, face au déconfinement, il faut rehausser l’ensemble de notre capacité de santé publique », mentionne la directrice régionale.

Le premier ministre François Legault a annoncé lundi le report d’une semaine de la réouverture des commerces non essentiels à Montréal, soit jusqu’au 18 mai.