Le beau temps a encore une fois exercé son attrait sur les Montréalais, qui ont envahi les parcs et les espaces urbains de la métropole, dimanche. Si, de façon générale, la distance de deux mètres était respectée, le naturel n’a pas tardé à revenir au galop dans plusieurs lieux où l’espace manquait.

Mayssa Ferah Mayssa Ferah
La Presse

Au bord du canal de Lachine, à Griffintown, les policiers s’assuraient du respect des recommandations. Un message sonore transmis par haut-parleur rappelait à l’ordre les groupes de gens distraits, qui s’éloignaient alors les uns des autres.

Le port du masque était quasi inexistant dans la plupart des grands parcs visités par La Presse. « Ça ne sert à rien, les masques, si ce n’est pas obligatoire », a dit Antoine Tabet, venu se promener au bord du canal de Lachine. Lui et sa conjointe Sonia Tabet étaient surpris d’être les seuls à arborer des masques. « Peut-être que c’est parce qu’on est plus vieux », a ajouté Mme Tabet avec humour.

De petits rassemblements avaient lieu en fin d’après-midi au parc Jarry. Ils se faisaient à bonne distance. « Il n’y a pas juste la science de la santé publique dans la vie, il y a la science humaine. Il faut un équilibre entre les deux », jugeait Thomas Tremblay, venu profiter du beau temps en famille. Garder ses distances, c’est facile, selon sa conjointe Lucie Enel. « Le plus dur, c’est de ne pas se rassembler dehors aujourd’hui avec les proches et les amis. »

  • De petits rassemblements ont également eu lieu en fin d’après-midi au parc Jarry.

    PHOTO ROBERT SKINNER, LA PRESSE

    De petits rassemblements ont également eu lieu en fin d’après-midi au parc Jarry.

  • Au pied du mont Royal, les interventions policières ont été fréquentes, mais sont demeurées courtoises.

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    Au pied du mont Royal, les interventions policières ont été fréquentes, mais sont demeurées courtoises.

  • Les joueurs de tam-tam ont pu laisser libre cours à leur talent en respectant les mesures de distanciation physique.

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    Les joueurs de tam-tam ont pu laisser libre cours à leur talent en respectant les mesures de distanciation physique.

  • Dans de nombreux parcs de la ville, des policiers se sont assurés que les mesures étaient respectées. Comme c’est le cas ici au parc La Fontaine.

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    Dans de nombreux parcs de la ville, des policiers se sont assurés que les mesures étaient respectées. Comme c’est le cas ici au parc La Fontaine.

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Dans certains endroits bondés, la distanciation physique devenait presque impossible. C’était le cas au pied du mont Royal, où les traditionnels tam-tams retentissaient. Les interventions policières y étaient fréquentes, mais demeuraient courtoises. Un après-midi comme n’importe quel autre : les gens dansent, chantent, se font bronzer, fument et rient aux éclats. « S’il vous plaît, respectez vos distances ! », pouvait-on entendre de peine et de misère à travers le son cacophonique des tambours.

Les policiers étaient là pour s’assurer que la distanciation était de mise. Ils demandaient aux membres des groupes s’ils demeuraient tous bel et bien à la même adresse. Souvent, les gens ne se rendaient pas compte qu’ils ne respectaient pas les deux mètres et se corrigeaient automatiquement.

Les pistes cyclables

Sur les pistes cyclables étroites, difficile de rouler à bonne distance de ceux qu’on croise, admet Suzanne Lareau, présidente de Vélo Québec.

« Il va falloir penser à les élargir temporairement », dit-elle. De plus en plus de gens ont peur de contracter le virus dans les transports en commun et les délaissent au profit du vélo. Les pistes sont donc très achalandées aux heures de pointe.

La cohabitation entre cyclistes et piétons se complexifie. Avec la plupart des établissements fermés, le vélo et la marche deviennent plus populaires. La plupart des gens ne voyageront pas cet été et demeureront en ville.

Il faut donc préserver l’espace des piétons, et les trottoirs et corridors sanitaires ne sont pas des voies pour les pédaleurs, ajoute Mme Lareau.

Tout rassemblement dans un parc demeure interdit. Les déplacements non essentiels sont fortement déconseillés. En ce qui concerne les pistes cyclables, elles devraient être utilisées uniquement pour les déplacements.

Gabrielle Fontaine-Giroux, relationniste à la Ville de Montréal

Les règles de distanciation pour les personnes ne résidant pas à la même adresse s’appliquent toujours et doivent être respectées en toutes circonstances.

On a eu droit à un samedi ensoleillé, et les patrouilleurs du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) étaient sur le terrain. On a constaté que certains parcs de la métropole avaient été largement fréquentés, ajoute-t-elle. Pour éviter la cohue, les stationnements des principaux parcs ont dû être fermés jusqu’à nouvel ordre. Il y avait tout de même de l’affluence dimanche, malgré cette nouvelle restriction.

Montréal n’envisage pas d’interdire l’accès aux parcs et aux pistes cyclables, mais les effectifs du SPVM sur le terrain ont été augmentés dimanche, souligne Mme Fontaine-Giroux. 

La situation ne touche pas seulement Montréal. À Longueuil, nombreux sont ceux qui ont profité du beau temps samedi et dimanche. « C’est sûr qu’on s’attend à plus d’appels quand il fait beau dehors », confirme l’agente Mélanie Mercille, porte-parole du Service de police de l’agglomération de Longueuil (SPAL). Les épiceries et la plupart des commerces sont maintenant fermés le dimanche, donc les gens n’ont pas d’emplettes à faire et ont le temps de se prélasser au soleil.