(Québec) Québec fera passer de 6000 à 14 000 par jour le nombre de tests d'ici la fin de la semaine prochaine en prévision du déconfinement et adopte une nouvelle stratégie de dépistage de la COVID-19.

Tommy Chouinard Tommy Chouinard
La Presse

Le directeur national de la santé publique, le DHoracio Arruda, a présenté les détails de ce plan vendredi. Le premier ministre François Legault n'était pas avec lui et ne fera pas de sortie publique vendredi. Il a déjà annoncé son intention de réduire la fréquence de ses points de presse. Le « District 13 h » ne sera plus un rendez-vous quotidien.

Québec dit faire environ 6000 tests par jour à l’heure actuelle - c’est un peu moins de 5000 personnes testées en réalité, comme l’écrivait La Presse plus tôt cette semaine. Il a l’intention de passer à 14 000 tests d'ici la fin de la semaine prochaine. « Dans les faits, vous allez voir une augmentation du nombre de cas qui pourrait être due à une transmission augmentée mais aussi au fait qu'on teste plus. Plus on teste, plus on trouve », a prévenu le Dr Arruda. Selon lui, environ 3 % des Québécois auraient contracté la maladie, soit environ 250 000 personnes. Il y a 28 648 cas confirmés de COVID-19 à ce jour.

Parmi les 14 000 tests quotidiens, 7000 sont prévus pour les patients hospitalisés, les résidents des milieux de soins, le personnel de la santé et les milieux de vie où logent des personnes aînées. Une capacité de 6000 autres tests sera attribuée aux personnes symptomatiques de la population générale. Québec a une réserve de 1000 tests qui servira dans le cas d'éclosion ou de situation particulière.

Québec procède au deuxième changement d’importance à sa stratégie de dépistage. Au début de la pandémie, il ne testait que les voyageurs de retour de l’étranger présentant des symptômes et les personnes avec qui elles sont en contact étroit. Puis, il a décidé de faire les tests principalement auprès des patients hospitalisés et des résidants de CHSLD de même qu’auprès du personnel du réseau de la santé.

Selon la nouvelle stratégie, les priorités de diagnostic ont été revues et sont réparties dans six groupes:

- G1 : les patients symptomatiques hospitalisés, de même que les femmes enceintes symptomatiques au troisième trimestre et les personnes qui les accompagnent à l'accouchement si elle sont symptomatiques à la fin de la grossesse

- G2 : les professionnels de la santé symptomatiques en contact direct avec les patients, incluant les services ambulanciers, dont le retrait causerait un bris de service

- G3 : les usagers et le personnel dans les CHSLD, les résidences pour aînés, les ressources intermédiaires dès qu'un nouveau cas positif non isolé est identifié, à la sortie des usagers d'un centre hospitalier vers des milieux d'hébergement, les personnes symptomatiques habitant dans d'autres milieux à risque (ex : refuges pour itinérants) et dans des milieux de vie hébergeant des personnes âgées

- G4 : les personnes symptomatiques de toutes les communautés (incluant les milieux en réouverture : écoles, milieux de garde, manufactures, mines, construction, etc.)

- G5 : les premiers répondants ou travailleurs du système de sécurité publique (ex. : policiers et pompiers, agents des services correctionnels) et autres travailleurs symptomatiques fournissant des services jugés critiques/essentiels

- G6 : les contacts étroits des cas, symptomatiques ou asymptomatiques, selon les directives du directeur de santé publique et le dépistage dans des milieux spécifiques en fonction du déconfinement (écoles, milieu de travail, etc.), selon les directives du directeur de santé publique.

« C'est une toute nouvelle approche qui est bien adaptée au contexte actuel de déconfinement que l'on met en oeuvre. On retourne à un dépistage massif qui va nous permettre de mieux mesurer la transmission communautaire. On a la capacité d'augmenter le nombre de tests actuellement et on entend utiliser cette capacité à bon escient », a expliqué le directeur adjoint de la protection de la santé publique, le Dr Yves Jalbert.

« Il va y avoir des tests pour la communauté dans des régions plus froides, mais ils vont avoir au pro rata moins de tests que dans les régions chaudes parce que c'est là que se fait la circulation », a indiqué le Dr Arruda. Ainsi, « dans Montréal-Nord, il va y a en avoir des tests. Parce que, là, il y a une situation particulière, il y a une éclosion ». Québec privilégie toujours des tests auprès de personnes symptomatiques plutôt que des tests aléatoires dans la communauté parce qu'« on y va plus là où il y a de la chance de trouver quelque chose sur lequel on va être capable d'intervenir aussi », a-t-il ajouté.

Il y a eu toujours eu en fond de scène un enjeu de pénurie d’équipements, en particulier d’écouvillons et de réactifs. « L'approvisionnement n'est pas toujours facile », a souligné le Dr Jalbert. De nouvelles méthodes de prélèvement seront donc utilisés, « par expectoration » (crachat), afin de « réduire les besoins en ressources humaines et matérielles ».

Une bonne capacité de dépistage est l’un de ses critères de l’Organisation mondiale de la santé pour procéder au déconfinement.