(Québec) Le bilan s’alourdit au Québec alors que la COVID-19 fait 25 nouvelles victimes. Le nombre de décès dans la province s’élève maintenant à 61 et le total de cas déclarés au nouveau coronavirus passe à 6101, soit une augmentation de 583 par rapport à jeudi, a confirmé le premier ministre, François Legault.

Fanny Lévesque Fanny Lévesque
La Presse

Hugo Pilon-Larose Hugo Pilon-Larose
La Presse

M. Legault a rapidement apporté une nuance à la forte augmentation du nombre de décès. « Il y avait une vingtaine de cas qui étaient sous étude depuis une semaine pour savoir si les personnes étaient décédées de la COVID-19 ou non. Donc, ça vient biaiser un peu le résultat », a expliqué le premier ministre.

« Aujourd’hui, on a 25 décès de plus, mais la grande majorité, ce ne sont pas des décès survenus dans les 24 dernières heures », a-t-il ajouté.

Par ailleurs, le gouvernement Legault est plutôt optimiste par rapport au bilan des décès jusqu’à présent. « Il faut surtout se comparer avec l’Amérique du Nord, on a beaucoup moins de décès ici qu’aux États-Unis, c’est du simple au double par million d’habitants », a-t-il illustré.

« Ça veut dire que nos mesures fonctionnent. […] Ce que l’on veut, c’est de minimiser le nombre de décès et ça marche, ça fonctionne, mais il faut continuer. »

Sur les nouveaux décès annoncés vendredi, la majorité des cas sont des personnes âgées de plus de 70 ans. Une personne dans la trentaine est toutefois morte à Montréal en raison de la COVID-19, mais le directeur national de la santé publique, le Dr Horacio Arruda précise qu’elle présentait des facteurs de morbidité comme un poids très élevé.

Dans la province, le nombre de personnes infectées à la COVID-19 passe à 6101. On dénombre 429 hospitalisations (+64), dont 122 aux soins intensifs (+26).

Alors que le gouvernement Ford a révélé un peu plus tôt ses « difficiles » projections sur la progression de la COVID-19 en Ontario, le premier ministre Legault a indiqué que « quelques scénarios » de l’évolution de la situation au Québec seront dévoilés mardi prochain. En Ontario, on anticipe que le nombre de décès pourrait atteindre 1600 d’ici la fin avril.

Équipement médical

À propos de l’approvisionnement en équipement médical, le Québec a « gagné une journée » grâce à la réception de commandes et dispose de suffisamment de matériel pour les huit prochains jours. « On a continué nos efforts », a souligné M. Legault.

Vendredi matin, l’entreprise américaine 3M a affirmé que l’administration Trump avait exigé qu’elle cesse d’exporter des masques N95 vers le Canada. « Ce serait une erreur », a réagi le premier ministre Justin Trudeau, rappelant que des « produits médicaux essentiels qui vont dans les deux sens ».

Appelé à réagir, François Legault a prévenu que « ça sera une guerre dure » entre les pays pour obtenir du matériel médical de protection. À court terme, dit-il, le Canada doit devenir « autonome » pour fabriquer au pays ces équipements. Le premier ministre du Québec est optimiste que ce sera possible dans les prochains mois.

Les Rangers au Nunavik

Justin Trudeau a confirmé un peu plus tôt vendredi que les Rangers des Forces armées canadiennes seront déployés au Nunavik et dans les communautés nordiques isolées – à la demande de la ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbeault – pour soutenir le ministère de la Santé et des Services sociaux dans la mise en place de zones de dépistage et d’investigation de la COVID-19.

« Ils sont déjà dans le Nord alors on pense que c’est une bonne idée qu’ils interviennent. La région là-bas veut vraiment s’isoler et il y a une préparation à faire au cas où la situation s’empirerait », a indiqué M. Legault.

Québec a fait cette demande auprès d’Ottawa après que le gouvernement Legault eut reçu une lettre de la Régie régionale de la santé et des services sociaux du Nunavik réclamant l’appui des Rangers dans la lutte contre le coronavirus. Jusqu’à maintenant, deux personnes sont atteintes de la maladie au Nunavik.

Aide aux travailleurs

Québec annoncera vendredi après-midi une aide spéciale aux travailleurs à faible revenu des services essentiels une augmentation salariale de 400 $ par mois pour quatre mois, c’est-à-dire 1600 $ par personne. Le ministre des Finances, Eric Girard, et le ministre du Travail, Jean Boulet, doivent préciser les détails de l’annonce vendredi après-midi.