L’éclosion en cours au pénitencier de Port-Cartier est responsable de 40 % des cas de COVID-19 confirmés sur la Côte-Nord, soit 17 sur 42, a annoncé le CISSS de la région jeudi après-midi.

Ariane Krol Ariane Krol
La Presse

Bien que l’établissement soit sous la responsabilité de Service correctionnel du Canada (SCC), le CISSS fournit un soutien pour l’enquête épidémiologique et l’isolement des cas, a expliqué le médecin-conseil en santé publique du CISSS.

« Cette situation est sous contrôle », a affirmé le DRichard Fachehoun en point de presse.

« On a quand même pu identifier un grand nombre de cas en si peu de temps et il y a eu beaucoup de dépistage des gens qui étaient en lien avec cette situation. Mais je ne peux pas donner plus de détails, malheureusement. »

Douze des employés de Port-Cartier sont des agents correctionnels, a fait savoir le syndicat UCCO-SACC-CSN jeudi après-midi. Un agent de libération conditionnelle et une infirmière ont également reçu un diagnostic positif, a indiqué le président du syndicat pour le Québec, Frédérick Lebeau, dans une vidéo diffusée sur la page Facebook de l'organisation.

En ajoutant les deux détenus de Port-Cartier confirmés plus tôt cette semaine, cela couvrirait 16 des cas. On attendait toujours les données de SCC jeudi en fin d'après-midi.

Neuf agents correctionnels de la prison pour femmes de Joliette et un agent correctionnel de l'établissement Donnacona ont aussi été infectés, a indiqué le UCCO-SACC-CSN

La quasi-totalité des employés des services correctionnels ayant contracté le virus travaillent dans un établissement québécois, a confirmé Ottawa mercredi soir.

Du côté des détenus fédéraux, trois cas ont été confirmés par SCC au Québec, soit deux à Port-Cartier et une à Joliette. Six autres détenus sont également en attente de résultats de tests dans chacun de ces établissements.

L’Ontario est la seule autre province des cas ont été confirmés parmi les détenus. Les trois se trouvent à la prison pour femmes Grand Valley. Cinq autres détenus attendent également leur résultat dans cette province.

Appel du ministre

Le ministre fédéral de la Sécurité publique, Bill Blair, s’est adressé à la Commissaire du Service correctionnel du Canada et à la présidente de la Commission des libérations conditionnelles du Canada mardi, leur demandant de déterminer si des mesures pouvaient être prises pour faciliter la libération anticipée de certains contrevenants.

«Le SCC effectue une analyse de la population des délinquants pour pouvoir formuler des recommandations fondées sur des preuves», a indiqué une porte-parole du ministère par courriel jeudi.

Plusieurs voix se sont élevées au cours des derniers jours pour demander au fédéral de libérer des prisonniers qui pouvaient l’être de façon sécuritaire, afin de réduire la population carcérale et les risques de contagion au sein de celle-ci. La sénatrice Kim Pate et l’ex-ministre fédérale de la Santé Jane Philpott ont cosigné une lettre ouverte en ce sens. L’Association des avocats et avocates en droit carcéral du Québec ont également écrit au SCC.

Détenus inquiets

Les éclosions de COVID-19 à Port-Cartier et à Joliette suscitent de l’inquiétude chez les détenus, ont indiqué à La Presse des avocats ayant des clients dans ces établissements.

« Ils vivent énormément d’anxiété de ne pas savoir ce qui se passe et d’être confinés », témoigne MSonia Bogdaniec, qui représente une cinquantaine de détenus à Port-Cartier.

L’audience pour la demande de libération conditionnelle de l’un de ses clients de Port-Cartier a été annulée, alors que celles de ses clients incarcérés dans d’autres pénitenciers fédéraux ont toujours lieu par vidéoconférence, a-t-elle mentionné.

La Commission des libérations conditionnelles du Canada n’avait pas fourni de réponses sur la situation à Port-Cartier jeudi en fin de journée.

– Avec la collaboration de Daniel Renaud.