Les autorités québécoises de la santé ont demandé aux pharmaciens de cesser de remettre de la chloroquine à certains malades chroniques, afin de se préparer à une pénurie causée par la COVID-19.

Philippe Teisceira-Lessard Philippe Teisceira-Lessard
La Presse

La chloroquine et sa cousine l’hydrochloroquine, déjà commercialisée pour lutter contre d’autres maladies, ont fait l’objet de spéculations comme possibles médicaments efficaces contre l’infection au coronavirus.

Ces espoirs ont causé une ruée mondiale vers les stocks, causant une grave pénurie.

Afin de s’assurer que les patients qui en ont le plus besoin n’en manquent pas, l’Institut national d’excellence en santé et services sociaux (INESSS) a demandé aux pharmaciens de réserver leurs stocks à certains patients en possession d’une prescription : les patients atteints de lupus érythémateux disséminé, les femmes enceintes et les mineurs atteints d’arthrite juvénile idiopathique.

Le pharmacien doit « interrompre temporairement [le médicament] pour toutes les autres personnes sans en aviser le médecin traitant ou le médecin de famille », indique l’ordonnance collective diffusée par l’INESSS ce vendredi soir. Le malade devra communiquer avec son médecin si sa condition médicale de détériore.

« L’interruption temporaire de votre médicament n’aura pas d’effet significatif sur votre état de santé », indique le feuillet que le pharmacien devra remettre au patient à qui il vient de refuser de la chloroquine. « Votre traitement sera repris dès que possible. »

Dans une note diffusée le site web du collège des médecins, l’ordre professionnel demande à ses membres à se tenir prêts à offrir à « leurs patients une thérapie de substitution temporaire (ex.  : dérivés de cortisone), le cas échéant ».

La mesure n’est pas destinée à réserver des stocks pour les patients atteints de la COVID-19, mais bien à s’assurer que les patients dont la vie dépend de la chloroquine puissent continuer à en avoir à leur disposition.