Les dentistes mettent l’épaule à la roue en pleine crise de la COVID-19 en gardant leur clinique ouverte pour les cas urgents même s’ils travaillent à perte. Mais ils déplorent que malgré tout, le gouvernement soit sourd à leurs demandes comme c’est « souvent le cas ».

Véronique Lauzon Véronique Lauzon
La Presse

Le DCarl Tremblay, président de l’Association des chirurgiens dentistes du Québec, précise que le Québec compte environ 5000 dentistes au Québec. Avec leur personnel, c’est tout près de 20 000 personnes qui ont ainsi été mises à pied ces dernières semaines.

« C’est tragique ce qui se passe, lance-t-il. Et pourtant, les dentistes tombent entre deux chaises. C’est difficile de parler aux élus. Et même, d’avoir des accusés de réception à nos lettres ! Aucun ministre ne nous a encore appelés. »

« Or le ministre de l’Économie Pierre Fitzgibbon parlait deux fois par jour avec Daniel Lamarre au Cirque du soleil, même s’ils ont mis à pied 1500 et que les propriétaires de l’entreprise sont américains et chinois. Nous, nous parlons de 20 000 personnes !  »

La colère du DTremblay, qui opère une clinique à Rouyn-Noranda, est d’autant plus grande que le Cirque n’aide pas les autorités pendant la pandémie, contrairement aux membres de son association.

Il poursuit : « Dans ma clinique, nous étions 26 employés. Nous venons d’en mettre 20 à pied. Nous avons actuellement de deux à cinq patients urgents par jour, qu’on traite à perte. Ça coûterait moins cher de ne pas rester ouvert, et nous n’avons droit à aucune compensation pour ça. »

Le ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec dit quant à lui que le gouvernement est en « étroite collaboration » avec certains dentistes, notamment pour s’assurer que les urgences se déroulent dans de bonnes conditions. Alexandre Lahaie, attaché de presse de la ministre Danielle McCann, ajoute qu’il ne faut pas oublier que nous vivons « une situation inédite » et que le gouvernement est prêt « à s’ajuster ».

L’Association des chirurgiens dentistes du Québec avance également que ses membres pourraient être mis beaucoup plus en contribution. Leurs cliniques pourraient servir comme centre de dépistage de la COVID-19. Les dentistes pourraient aussi faire les dépistages, ce qui permettrait aux infirmières de réaliser d’autres tâches.

« Le gouvernement pourrait être proactif pour prévoir la pénurie de main-d’œuvre possible », dit DCarl Tremblay.

« C’est un sujet qui se parle », dit Alexandre Lahaie, attaché de presse de la ministre de la Santé et des Services sociaux du Québec. Pour l’instant, nous en sommes pas là, mais il se pourrait que leurs services soient réquisitionnés.