RECYC-Québec et l’industrie du recyclage demandent au public de faire particulièrement attention à ne pas jeter de mouchoirs, masques, lingettes et gants souillés au recyclage, afin de ne pas mettre à risque les travailleurs qui manipulent la matière au centre de tri pendant la pandémie.

Vincent Larouche Vincent Larouche
La Presse

Les collectes des ordures ménagères et des matières recyclables ont été reconnues comme des services essentiels par le gouvernement cette semaine. Pour les déchets, les travailleurs ont rarement à manipuler la matière ramassée, qui finit au dépotoir. Mais dans le cas du recyclage, tout finit au centre de tri, où se sont majoritairement des humains qui départagent le tout à la main.

Pour protéger les trieurs qui sont à pied d’œuvre malgré la crise, RECYC-Québec demande de porter une attention particulière aux matières souillée comme les mouchoirs, les lingettes et autres articles d’hygiène et de protection. Même en temps normal, celles-ci ne devraient pas être jetées au recyclage ni au bac à compost. Mais avec la COVID-19, le respect de la directive est encore plus important.

Gregory Pratte, porte-parole des centres de tri Tricentris, basés à Terrebonne, Lachute et Gatineau, souligne que bien des citoyens jettent au recyclage une foule d’articles souillés qui ne devraient pas y aller. Et pas seulement des mouchoirs.

« Des couches, on en ramasse des centaines par jour. C’est commun », illustre-t-il.

En tout temps, les trieurs doivent faire attention aux infections, M.  Pratte. « Le risque zéro n’existe pas. Une personne qui a la gastro et qui jette des lingettes humides dans le recyclage, c’est nocif aussi », dit-il.

Les trieurs portent des gants, des masques et des lunettes de protection, mais à titre de mesure de sécurité additionnelle, Tricentris a espacé les quarts de travail pour éviter que tout le monde entre et sorte en même temps. « Un rentre à 15 h, l’autre à 15 h 15, encore un autre à 15 h 20, chacun va à son poste sans se croiser », explique-t-il.

« Les trieurs, ce sont des héros qu’on ne voit pas, qui sont dans l’ombre. Ils ont les deux mains dedans… toujours avec leurs gants évidemment », souligne-t-il.

Presque tous les centres de tri du Québec continuent d’opérer malgré la crise. La Société Via, qui opère des centres de tri à Québec, Lévis, Rivière-du-Loups et Dégelis, a toutefois interrompu temporairement ses opérations pour des motifs sanitaires. Plus de détails devraient être donnés jeudi.

Une source de l’industrie, qui n’était pas autorisée à parler publiquement, a expliqué à La Presse que la société, qui offre des programmes d’intégration aux personnes handicapées, veut prendre le temps de réfléchir à la sécurité de son personnel.

RECYC-Québec suit la situation de près.

« En plus de ces directives aux citoyens, RECYC-Québec a communiqué avec les associations des détaillants avec l’objectif de leur permettre de remplir leurs obligations dans les meilleures conditions possibles, en diminuant la pression sur leur main-d’œuvre et en évitant les risques de propagation du coronavirus (COVID-19) », affirme Brigitte Geoffroy, porte-parole de l’organisme.