Alors que les autorités confirment une hausse sensible des cas de contamination à la COVID-19 en ce début de semaine, notamment dans la grande région de Montréal, des entreprises de transport préhospitalier passent en deuxième vitesse.

Daniel Renaud Daniel Renaud
La Presse

Depuis le début de la crise, les 225 « paramédics » de l’entreprise Demers, qui dessert un territoire situé entre Boucherville, Saint-Jean-sur-Richelieu et la frontière avec les États-Unis, ont effectué en moyenne entre trois et cinq transports par jour de personnes suspectées d’être contaminées à la COVID-19.

À 10 h lundi matin, ils en avaient déjà fait cinq depuis le début de la journée.

« On s’attendait à une hausse importante cette semaine des cas de personnes suspectées ou contaminées. Nous avons prévu des plans [d’urgence] et nous sommes prêts à faire face à la situation », assure Sylvain Bernier, porte-parole d’Ambulances Demers.

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Sylvain Bernier, porte-parole d’Ambulances Demers.

Il affirme que la plupart des paramédicaux de l’entreprise ont accepté de se porter volontaires pour travailler et faire des heures supplémentaires. Ils ont également renoncé à leurs congés et vacances en ces temps difficiles.

Les stagiaires, les étudiants et des retraités ont été mis à contribution ou ont répondu à l’appel de l’entreprise. Il y a également à partir de cette semaine un délestage des appels, c’est-à-dire par exemple que dans les cas moins graves, les personnes sont invitées à se déplacer vers un établissement hospitalier par un autre moyen de transport ou à pied.

Des spécialistes

Vendredi, l’entreprise a mis sur pied une équipe d’une vingtaine d’ambulanciers paramédicaux qui ne feront que les cas suspectés de contamination à la COVID-19.

Elle a demandé une autorisation ministérielle pour l’ajout de deux ambulances réservées uniquement au transport des cas suspectés, l’une stationnée à Beloeil et l’autre à Saint-Jean-sur-Richelieu.

Les paramédicaux d’Ambulances Demers sont isolés des autres employés du centre de crise et des bureaux administratifs pour éviter qu’ils soient infectés par le coronavirus, et attendent les appels dans leur caserne.

Ils ont tous les équipements nécessaires, dont le masque N95. Pour le moment, Demers n’est pas en rupture de stock, mais a tout de même déjà demandé au ministère de la Santé d’être réapprovisionnée le plus rapidement possible pour être certaine de ne pas en manquer.

L’entreprise possède un appareil communément appelé brumisateur pour désinfecter les ambulances après chaque transport de personne potentiellement atteinte de la COVID-19. Cet appareil envoie une bruine désinfectante qui entre partout dans l’ambulance, y compris dans les compartiments et armoires.

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Un brumisateur pour désinfecter les ambulances.

À la guerre

Chez Services préhospitaliers Laurentides-Lanaudière, les 265 paramédicaux sont mobilisés. « Ils sont à la guerre. Ils ne se sauvent pas et veulent relever le défi », décrit le superviseur aux opérations, Stéphane Maillet.

Les paramédicaux font des heures supplémentaires et reportent leurs congés et vacances. Des stagiaires et étudiants ont été embauchés et nettoient les locaux et ambulances contaminés. Ils sont également prêts à remplacer les ambulanciers paramédicaux qui pourraient être infectés ou placés en isolement.

Par contre, en ce qui concerne les masques, M. Maillet a entendu dire que les coordonnateurs des transports préhospitaliers dans les centres intégrés de santé et de services sociaux (CISS) craignent d’en manquer.

À la coopérative CETAM, qui dessert la Montérégie, de Longueuil en allant vers l’ouest, jusqu’à la frontière avec l’Ontario et les États-Unis, la porte-parole et paramédicale Valérie Bélanger affirme que pour le moment, tout va bien, que les 400 techniciens sont en mesure de répondre aux appels sans être surchargés.

« Par contre, on appréhende que cela s’accentue et on est prêts. On a des plans d’urgence. La situation est évaluée quotidiennement, et même plus d’une fois chaque jour. Nous sommes prêts à aller en entraide avec les autres compagnies de la rive sud de Montréal si nécessaire, mais nous n’en sommes pas là », dit Mme Bélanger.

Nombre de transports de cas suspectés effectués

• Coopérative CETAM, Montérégie : 82 transports de cas suspectés et 4 cas confirmés ont été effectués depuis le 12 mars

• Urgences-santé, Montréal et Laval : 554 appels potentiels de nature COVID-19 entre le 1er et le 23 mars

• Services préhospitaliers Laurentides-Lanaudière : 20 transports de cas suspectés dans la journée du 19 mars seulement. L’entreprise constate qu’à chaque tranche de cinq jours depuis le début de la crise, le nombre de cas suspectés augmente de 30 %.

Pour joindre Daniel Renaud, composez le 514 285-7000, poste 4918, écrivez à drenaud@lapresse.ca ou écrivez à l’adresse postale de La Presse.