(Montréal) C’est officiel : les écoles ne rouvriront pas avant au moins le début du mois de mai et les élèves du préscolaire, du primaire, du secondaire n’auront pas à reprendre l’année scolaire actuelle. Le ministère de l’Éducation enverra aux parents des activités pédagogiques qu’ils pourront faire à la maison mais pour certains, notamment les élèves en difficulté, des questions demeurent.

Marie-Eve Morasse Marie-Eve Morasse
La Presse

Dès le 30 mars, le ministère de l’Éducation mettra en ligne un site avec des activités d’apprentissage. Une semaine plus tard, tous les élèves recevront une liste d’activités hebdomadaires adaptée à leur âge. Télé Québec pourrait aussi être mis à contribution.

« On ne veut pas transformer tous les parents du Québec en enseignants puis transformer toutes les maisons en écoles », a affirmé en point de presse le ministre de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur, Jean-François Roberge.

À la Fédération des comités de parents du Québec (FCPQ), on accueille la nouvelle avec un certain soulagement. « Ça devenait clair que les écoles seraient fermées plus longtemps », dit son président Kévin Roy.

Il croit que l’envoi de matériel pédagogique aux parents peut fonctionner.

« Ce qui est important c’est que ça soit adapté aux parents, accessible et équitable. Le parent moyen, qui a accès à internet, qui a un téléphone, qui a du temps, ça va bien aller. Mais il faut que ce soit adapté aussi pour un parent en région qui n’a pas accès à internet ou à un réseau cellulaire », dit Kévin Roy. Il souhaite aussi que les enfants avec des besoins particuliers ne soient pas oubliés.

C’est également une préoccupation de la députée libérale Jennifer Maccarone.

« J’ai une grande inquiétude pour les élèves handicapés ou ceux avec des difficultés d’apprentissage. Le gouvernement doit mettre en place des mesures d’accompagnement pour ces enfants et leurs parents », a écrit sur Twitter la députée.

C’est aussi ce que réclame « urgemment » la Coalition de parents d’enfants à besoins particuliers du Québec, qui rappelle que plus de 225 000 enfants de la province ont des plans d’intervention.

« Les parents ont de la difficulté à entrer en contact avec des travailleurs sociaux, des éducateurs spécialisés, des personnes de confiance qui connaissent leurs enfants. Il y a des parents qui arrivent très mal à soutenir leur enfant au quotidien, ça va au-delà d’avoir accès aux ressources », dit sa présidente Bianca Nugent.

En point de presse, le ministre de l’Éducation Jean-François Roberge a affirmé qu’on « peut imaginer qu’un élève qui a été en grande, grande, grande difficulté toute l’année ne sera pas automatiquement promu par magie à l’année suivante ».

Les directions d’écoles satisfaites

Trois groupes représentant des directions d’écoles ont pour leur part salué conjointement la décision de Québec.

« Nous sommes déjà au travail afin de trouver des solutions facilitantes pour l’ensemble des élèves et du personnel et pour soutenir les parents à la maison. Plus que jamais la collaboration de tous est nécessaire pour s’assurer de l’équité et de l’accessibilité des moyens tout en tenant compte des directives de la santé publique » a déclaré par voie de communiqué le président de la Fédération québécoise des directions d’établissement d’enseignement (FQDE), Nicolas Prévost.