La Ville de Montréal a renvoyé à la maison jeudi soir tous ses employés non essentiels au maintien des services municipaux en raison de la contamination au coronavirus, a appris La Presse.

Kathleen Lévesque Kathleen Lévesque
La Presse

Dans une note interne obtenue par La Presse, le directeur général de la Ville, Serge Lamontagne explique à ses fonctionnaires avoir pris « des décisions exceptionnelles » avec son équipe de direction. L’objectif : protéger les employés et limiter leur nombre au travail.

C’est une question de santé publique

Serge Lamontagne, directeur général de Montréal

« Tout employé n’exerçant pas un rôle dans des activités critiques ou essentielles au maintien d’une continuité minimale des opérations doit quitter son lieu de travail dès ce soir, et ce, jusqu’à nouvel ordre. Avant de quitter les lieux de travail, un employé doit s’assurer de comprendre sa situation pour les jours à venir », indique Serge Lamontagne.

Dans l’immédiat, le salaire de base des employés permanents est maintenu. « Aucune mise à pied en raison de la COVID-19 n’est prévue. Cette mesure est applicable pour tous les statuts d’emploi. Des exceptions sont envisageables pour certains employés dont les mises à pied sont saisonnières ou associées à la fin de certaines activités normales », souligne le directeur général.

En conférence de presse jeudi après-midi, la mairesse Valérie Plante avait réitéré le souhait de miser sur le télétravail pour le plus grand nombre de fonctionnaires lorsque cela est possible. « J’ai dit que ça allait s’accélérer d’ici la fin de la semaine et on suit notre plan », a-t-elle affirmé.

Difficile mise en place du télétravail

Le télétravail ne concerne pas les policiers, les pompiers et les employés responsables de la collecte des déchets, par exemple. « On soutient nos employés pour s’assurer que toutes les règles d’hygiène et de sécurité émises par la santé publique, sont respectées », a toutefois précisé la mairesse.

Quelques heures plus tard, la note de M.  Lamontagne laisse entrevoir que le télétravail apparaît comme une opération lourde qui est loin d’être complétée. Tous les fonctionnaires ne bénéficient pas de la passerelle informatique VPN leur permettant de rester connectés au réseau municipal et ainsi de travailler à distance.

Des « efforts remarquables » sont faits, note le directeur général. « Ces capacités continueront à s’améliorer et de nouvelles solutions d’accès à distance seront déployées dans les prochains jours », ajoute-t-il.

Ce dernier précise que « l’administration est consciente que dans le cas de la prestation en télétravail, il pourrait être impossible d’offrir une prestation de travail régulière et identique à celle faite au bureau ».

Décisions en évolution

Selon M.  Lamontagne, les ajustements annoncés sont nécessaires « puisque la situation évolue rapidement et que nous avons une vision à long terme de la gestion de nos effectifs ». Ces ajustements varient d’une unité administrative à l’autre, ajoute-t-il.

La propagation de la COVID-19 se poursuit. La santé publique estime d’ailleurs que les prochaines semaines pourraient confirmer un plus grand nombre de cas d’infection. Dans ce contexte, Serge Lamontagne souligne que les positions de la Ville « sont appelées à évoluer en fonction de la situation locale, nationale et mondiale ». Il termine sa note en précisant que tous les représentants syndicaux et les associations ont été informés des mesures adoptées.

Depuis le premier train de mesures du gouvernement du Québec jeudi de la semaine dernière, dont la recommandation de privilégier l’isolement et l’interdiction de se rassembler, plusieurs employés de la Ville de Montréal ont témoigné de façon confidentielle de leurs inquiétudes.