L’Ontario, l’Alberta et la Colombie-Britannique ont à leur tour déclaré l’état d’urgence, mardi, trois jours après le Québec. Survol des mesures exceptionnelles adoptées dans les quatre provinces canadiennes.

Émilie Bilodeau Émilie Bilodeau
La Presse

Québec

François Legault a décrété un « état d’urgence sanitaire », samedi dernier, afin d’endiguer la progression de la COVID-19. Ce décret permet au gouvernement de procéder à l’achat de matériel et de conclure des contrats sans appel d’offres pour protéger la santé de la population. Il donne aussi le pouvoir à la ministre de la Santé de payer des actes médicaux faits à distance ou encore de rappeler des infirmières retraitées en éliminant des procédures administratives. Le gouvernement s’accorde également le pouvoir de placer des quartiers en entier en quarantaine forcée. L’état d’urgence a été mis en place pour 10 jours, mais peut être renouvelé.

Adoption : le 14 mars

Validité : jusqu’au 24 mars

Nombre de cas au moment de l’annonce : 21

Ontario

Le premier ministre de l’Ontario, Doug Ford, avait déjà recommandé aux garderies, aux cinémas, aux bars et aux restaurants de fermer leurs portes afin d’endiguer la progression du coronavirus. Avec l’état d’urgence, il vient de se donner le pouvoir de les obliger à le faire. Seuls les restaurants où l’on peut passer une commande pour emporter ou qui font la livraison peuvent demeurer ouverts. Tous les rassemblements de 50 personnes et plus sont désormais interdits. Grâce à ce décret, le premier ministre de l’Ontario pourrait fermer des entreprises, fixer des prix et contourner certaines exigences concernant les permis professionnels, a indiqué un professeur de droit au Toronto Star.

Adoption : le 17 mars

Validité : jusqu’au 31 mars

Nombre de cas au moment de l’annonce : 179

Alberta

Le premier ministre de l’Alberta, Jason Kenney, a quant à lui annoncé « l’état d’urgence de la santé publique » (state of public health emergency). Ce décret lui permet de placer en quarantaine des quartiers hautement touchés par le coronavirus. Il pourrait également déterminer le prix de certains biens essentiels comme la nourriture, l’essence et les vêtements. L’Alberta pourrait même en venir à circonscrire des citoyens. En conférence de presse, Jason Kenney a par ailleurs annoncé que les rassemblements de 50 personnes et plus étaient désormais interdits et qu’il fermait les centres d’amusement, les centres d’entraînement physique, les bars, les musées et les salles de spectacles. Comme au Québec, il permet que les restaurants demeurent ouverts, mais limite la clientèle à 50 % de la capacité des établissements.

Adoption : le 17 mars

Validité : jusqu’au 15 avril

Nombre de cas au moment de l’annonce : 74

Colombie-Britannique

En déclarant « l’état d’urgence de la santé publique », la Dre Bonnie Henry, médecin hygiéniste en chef de la province, a immédiatement demandé aux bars et aux clubs de fermer leurs portes. Les restaurants qui ne peuvent pas faire respecter une distanciation sociale devront quant à eux se tourner vers les commandes pour emporter et les livraisons de repas. Le décret permet au ministère de la Santé d’effectuer des mandats verbaux et au gouvernement de modifier certains règlements sans l’appui du Parlement. Lors de l’annonce, le premier ministre de la province, John Horgan, a également prolongé la fermeture des écoles, de la maternelle à la 12e année, jusqu’à la fin du printemps. Les interventions chirurgicales considérées comme non urgentes sont aussi repoussées pour permettre au système de santé d’accueillir les patients atteints de la COVID-19. Sept patients ont succombé au virus dans la province jusqu’à maintenant.

Adoption : le 17 mars

Validité : non mentionné durant la conférence de presse

Nombre de cas au moment de l’annonce : 186