Plus de 2,4 milliards de dollars ont été dépensés par les établissements de santé du Québec pour lutter directement contre la première vague de COVID-19, révèlent des données obtenues en vertu de la loi d’accès à l’information. Et le compteur continue de tourner. À cette somme doivent s’ajouter 3 milliards dépensés par Québec pour différents contrats d’achat de matériel de protection depuis mars. Décidément, la facture de la COVID-19 sera élevée.

Ariane Lacoursière Ariane Lacoursière
La Presse

La Presse a demandé à tous les établissements de santé de la province de lui fournir les sommes dépensées pour lutter contre la première vague de COVID-19, soit du 10 mars au 7 octobre 2020. Les sommes varient. Mais les CISSS et CIUSSS ont dépensé de 150 à 200 millions de dollars chacun pour lutter contre la première vague de la pandémie. Le Québec compte 22 CISSS et CIUSSS et 7 centres hospitaliers universitaires (CHU).

Les dépenses entraînées par la COVID-19 dans les établissements de santé sont multiples. On pense au matériel de protection comme les masques et les gants. Au CIUSSS de la Mauricie-et-du-Centre-du-Québec, plus de 4 millions ont été dépensés durant la première vague pour acheter des blouses. Plusieurs établissements ont aussi dû acheter des appareils de laboratoire pour effectuer des tests de dépistage. Toujours dans la région de la Mauricie et du Centre-du-Québec, deux appareils pour des tests PCR ont été achetés à 2,5 millions chacun.

Les heures supplémentaires payées aux travailleurs de la santé font partie de la facture.

Le CIUSSS de l’Est-de-l’Île-de-Montréal, l’un des plus gros établissements de santé de la province, a ainsi dû verser 44,3 millions de dollars à ses employés pour des heures supplémentaires durant la première vague.

À cela s’ajoutent les sommes dépensées depuis le mois d’octobre pour combattre la deuxième vague de la maladie, les sommes liés à la campagne de vaccination et l’argent qu’a dépensé le ministère de la Santé et des Services sociaux pour acquérir des équipements de protection individuelle (EPI) dans un contexte d’état d’urgence. Dans un communiqué publié le 10 décembre, le Ministère rapportait avoir à ce jour dépensé 3 milliards pour 669 contrats de gré à gré liés à l’acquisition d’EPI.

Débat avec Ottawa

Au ministère de la Santé, on mentionne que, dans sa mise à jour économique du 12 novembre, le gouvernement a annoncé des investissements additionnels de 5 milliards de dollars de 2019 à 2023 pour « renforcer le système de santé » en lien avec la COVID-19.

Début décembre, le premier ministre François Legault, conjointement avec les premiers ministres des autres provinces et des territoires, a demandé à Ottawa d’augmenter les transferts fédéraux en santé pour les faire passer de 22 % à 35 %. Cette demande a été rejetée par Justin Trudeau. Une décision critiquée par François Legault et ses homologues. « M. Trudeau nous a dit que, selon lui, à cause de la situation de la COVID, cette discussion était prématurée. Nous, on pense qu’au contraire, la situation de la COVID vient ajouter au problème de financement des soins de santé dans toutes les provinces et [tous les] territoires au Canada », a dit François Legault, le 9 décembre.

— Avec William Leclerc, La Presse