Afin de respecter les consignes gouvernementales, les magasins à grande surface et les quincailleries ont dû faire face à tout un défi pour barrer l’accès aux biens non essentiels.

Alice Girard-Bossé Alice Girard-Bossé
La Presse

Au Supercentre Walmart de la Place Viau, le personnel a travaillé fort le jour de Noël pour rendre le magasin conforme aux réglementations, explique une employée. Des pellicules de plastique et du papier brun recouvrent la majorité des biens non essentiels. Des étagères ont également été installées pour bloquer l’accès aux produits jugés non essentiels. Une partie de ces biens ont également été rangés dans l’arrière-boutique du magasin.

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Des vêtements cachés par du papier brun au Supercentre Walmart de la Place Viau

À la quincaillerie RONA du Plateau, les clients sont informés des nouvelles règles dès leur arrivée. « À l’entrée, on leur dit qu’ils ne peuvent acheter que des produits essentiels. Si quelqu’un oublie, on va lui rappeler, lorsqu’il sera rendu à la caisse », explique le gérant chez RONA quincaillerie du Plateau, Brandon My. Les conseillers sur le plancher empêchent également l’accès aux sections des produits non essentiels.

Le 15 décembre dernier, le premier ministre du Québec, François Legault a annoncé la fermeture des commerces non essentiels du 25 décembre au 10 janvier inclusivement afin de réduire la pression sur les hôpitaux. Les magasins à grande surface et les quincailleries pouvaient toutefois demeurer ouverts à condition de vendre uniquement des biens essentiels, par souci d’équité avec les petits commerces.

Le gouvernement n’a toutefois pas fourni de liste précise des produits jugés essentiels. Les commerces doivent donc déterminer eux-mêmes quels produits sont essentiels et lesquels ne le sont pas.

Pour satisfaire aux critères, un bien doit servir à se nourrir, à l’hygiène, à la santé, à réparer ou à la sécurité.

Pour le gérant de la quincaillerie La Boîte à Clous dans Rosemont, Yan Xu, la sélection des produits essentiels est tout un défi. « On n’a pas de liste pour nous aider à choisir ce qui est essentiel. C’est laissé au jugement de chacun. On a regardé sur le site du gouvernement et il n’y avait pas de liste », déplore-t-il. Pour les quincailleries RONA, c’est le siège social qui fournit la liste des produits essentiels, explique M. My.

Les clients s’adaptent

Jusqu’à présent, les clients semblent bien respecter les règles. « Il y a très peu de produits non essentiels qui ont été refusés à la caisse. La plupart des clients viennent pour des produits pour la toilette ou pour la cuisine. Il y a aussi beaucoup de réparations de tuyaux », mentionne M. Ly. Le gérant de La Boîte à Clous est arrivé au même constat.

Chez Walmart, certains clients tentent tout de même d’avoir accès aux produits électroniques, malgré les avis dans les rangées. Une employée indique que si un client arrive à la caisse avec un produit non essentiel, il ne pourra se le procurer.

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Le premier ministre a indiqué que les grandes surfaces seraient visitées par un plus grand nombre d’inspecteurs de la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail.

Le premier ministre a indiqué que les grandes surfaces seraient visitées par un plus grand nombre d’inspecteurs de la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST) et qu’il y aurait une présence policière accrue afin que les biens non essentiels ne soient pas vendus.