Si les Québécois respectent l’interdiction de rassemblement, le nombre de cas pourrait redescendre aux moyennes d’octobre, soit quelque 800 cas quotidiens de COVID-19. Au contraire, le non-respect des consignes pourrait entraîner 300 cas additionnels par jour. Pendant ce temps, en Ontario, la situation a été qualifiée de « précaire ».

Louise Leduc Louise Leduc
La Presse

De nouvelles modélisations de l’évolution de la COVID-19 ont été dévoilées par l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ).

Dans son scénario le plus optimiste, l’étude de l’INSPQ tenait pour acquis que les enfants rentreraient à l’école le 3 janvier.

Avec une semaine de plus, comme l’a déjà décidé le gouvernement Legault, le retour aux niveaux d’octobre serait d’autant plus envisageable, dit en entrevue Marc Brisson, coauteur des modélisations et professeur d’épidémiologie à l’Université Laval.

Mais s’il n’y a pas d’adhésion et que beaucoup de rassemblements se tiennent, on pourrait annuler une grosse partie de l’effet que l’on visait en fermant les écoles rapidement.

Marc Brisson, professeur d’épidémiologie à l’Université Laval

Tout dépendra donc de la discipline des Québécois, mais aussi de la capacité ou pas des CHSLD, des hôpitaux et des résidences pour personnes âgées à maîtriser les éclosions.

« Si le congé des Fêtes réussit à réduire la transmission communautaire, mais que les éclosions majeures dans les hôpitaux et les résidences pour personnes âgées augmentent et que les travailleurs de la santé continuent d’être infectés, le nombre d’hospitalisations et de décès pourrait augmenter de façon substantielle », peut-on lire dans l’étude de l’INSPQ.

Cela s’explique par le fait que les éclosions dans ces milieux représentent environ 30 % des hospitalisations et 60 % des morts, fait observer M. Brisson.

On ne s’en sort pas, conclut l’étude de l’INSPQ. « Pour ralentir l’épidémie, une réduction des contacts sociaux dans toutes les régions est nécessaire en attendant que l’administration progressive des vaccins vienne atténuer la transmission du virus. »

Une situation « précaire » en Ontario

C’est vrai pour le Québec comme pour l’Ontario, où les autorités ont carrément qualifié la situation de « précaire ».

Selon le scénario le plus pessimiste, le gouvernement redoute qu’à la mi-janvier, 1500 patients puissent se retrouver aux soins intensifs. Or, les autorités ontariennes ont déjà indiqué qu’au-delà de 300 patients nécessitant de tels soins aigus, les hôpitaux seraient dépassés.

Pour la septième journée de suite, l’Ontario a dépassé les 2000 cas, lundi.

Cela étant, l’Ontario se confinera à partir du 26 décembre, et ce, jusqu’au 9 janvier pour le nord de la province, mais jusqu’au 23 janvier pour le sud, plus touché.

Les chiffres du jour

Chose certaine, en cette semaine de Noël, la COVID-19 ne montre aucun signe d’essoufflement au Québec. Ainsi, 30 nouveaux décès s’ajoutent au Québec, selon le dernier bilan dévoilé lundi par le gouvernement québécois.

De ces 30 décès, deux sont survenus dans les 24 dernières heures, 27 l’ont été entre le 14 et le 19 décembre et un décès a été déploré avant le 14 décembre. Jusqu’ici, 7766 Québécois ont succombé à la COVID-19.

Les autorités ont par ailleurs recensé 2108 nouveaux cas et les hôpitaux continuent d’être sous pression. En tout, 38 personnes de plus sont hospitalisées (109 personnes ont été admises, tandis que 71 ont eu leur congé), ce qui porte le total à 1048 patients.

Au moins, le nombre de personnes aux soins intensifs (146) n’a pas bougé par rapport au bilan de dimanche.

On en est actuellement à 227 cas par million d’habitants.

Le nombre de personnes ayant été testées a diminué par rapport aux bilans quotidiens de la semaine dernière. Il se situe à 26 426.

Finalement, 115 personnes de plus ont été vaccinées dans la journée de dimanche, portant le total à 4831.

La COVID-19 en graphiques

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