(Québec) La Santé publique n’a pas recommandé au gouvernement Legault de fermer complètement les salles à manger des restaurants dans la deuxième vague de COVID-19 au Québec, mais plutôt de limiter les clients assis autour d’une même table aux personnes vivant à la même adresse.

Hugo Pilon-Larose Hugo Pilon-Larose
La Presse

Le directeur national de santé publique, le DHoracio Arruda, a fait cette précision mercredi alors qu’il répondait aux questions des élus dans le cadre d’une commission parlementaire à Québec. Questionné par le Parti québécois, il a affirmé que la Santé publique n’avait pas recommandé au gouvernement Legault la fermeture complète et totale des salles à manger des restaurants cet automne, mais plutôt d’encadrer leur ouverture.

« Le gouvernement, pour éviter de passer un message qui pourrait être mal interprété, a décidé de dire non, on ne va pas aller dans ce sens », a précisé le DRichard Massé, conseiller médical stratégique à la direction générale de la santé publique.

PHOTO EDOUARD PLANTE-FRÉCHETTE, LA PRESSE

Le DRichard Massé, conseiller médical stratégique à la direction générale de la santé publique

Dans tous les cas, a ajouté le DArruda, la Santé publique s’est dite à l’aise, « confortable », avec la décision qui a été prise par le premier ministre François Legault. Il n’a pas répondu aux questions des journalistes après son passage devant la commission.

En entrevue avec La Presse, le vice-président aux affaires publiques pour l’Association Restauration Québec (ARQ), François Meunier, a affirmé qu’il était déjà au fait que le gouvernement était allé plus loin dans son choix que ce que la Santé publique recommandait. Dans tous les cas, a-t-il dit, même si Québec avait permis aux personnes vivant à la même adresse de se rassembler autour d’une table d’un restaurant, « je ne suis pas convaincu qu’on aurait été enclins et satisfaits de ça », a-t-il précisé.

« Il n’y a rien qui démontre que les restaurants sont des lieux problématiques quand on respecte les règles sanitaires. Qu’on soit utilisés pour passer un message à la population, c’est une chose qui n’est pas acceptable dans le contexte d’une pandémie qui va durer encore des mois », a ajouté M. Meunier.

Selon Restaurants Canada, plus de 10 000 restaurants ont fermé leurs portes au pays depuis le début de la pandémie de COVID-19. L’association prévoit aussi que plus de la moitié des restaurants encore ouverts pourraient devoir fermer au cours des six prochains mois en raison des contrecoups économiques provoqués par le coronavirus.

« Diminuez vos contacts »

Horacio Arruda a également invité mercredi les citoyens à faire preuve d’une « extrême rigueur » dans les prochaines semaines, en suivant les règles sanitaires, et formulé une demande aux Québécois : « Diminuez vos contacts. »

« Depuis quelque temps, nous l’observons sur le terrain, nous sentons ce que plusieurs appellent un relâchement. Il ne faut pas négliger ni ignorer la fatigue des Québécois, [mais] il faut une mobilisation collective face à un ennemi commun. Aucun gouvernement ne pourra réussir sans cet effort collectif nécessaire », a-t-il dit.

« La chose qui m’attriste, c’est que les mesures mises en place, beaucoup de Québécois les respectent, mais si elles étaient [respectées par un plus grand nombre de citoyens], nous n’aurions pas besoin d’ajouter des mesures supplémentaires », a ajouté le directeur national de santé publique devant les parlementaires au Salon rouge.

Alors que le Québec vit une nouvelle montée de cas et d’hospitalisations provoquée par la COVID-19, et que le gouvernement n’exclut pas un nouveau confinement à l’approche des Fêtes, le DArruda y va d’un conseil : « Diminuez vos contacts, parce que le virus se nourrit de contacts humains. »

« Rien n’est encore terminé », a-t-il poursuivi, précisant que de nouveaux cas et des éclosions se poursuivront même après le début de la campagne de vaccination.

« Il n’y a pas de recette magique », a dit le DArruda, demandant à nouveau aux Québécois de porter le masque, de se laver fréquemment les mains et d’éviter les rassemblements.

Si Santé Canada a approuvé mercredi le vaccin de Pfizer-BioNTech, le DArruda prévient que le début de la campagne de vaccination massive ne signifie pas que la pandémie se terminera bientôt. « Il nous faudra faire preuve d’une extrême rigueur et de méfiance. Le virus ne sera pas exterminé et les risques seront encore présents », a-t-il affirmé.